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à la liste "19è siècle"
Louis Philippe De Ségur entra à seize ans dans l'armée et conquit le
grade de colonel en Amérique. Rentré en France, il fut nommé
ambassadeur auprès de Catherine II à Rome, Berlin et Saint-Pétersbourg.
Il se marie en 1777 à Antoinette Elisabeth Marie d'Aguesseau dont il
aura 1 fille et 3 garçons. Esprit curieux de tout, passionné de
littérature et de philosophie, il fréquenta les salons littéraires où
il rencontrera, entre autres, Voltaire. Fort de cette expérience littéraire et diplomate, il publia notamment en 1790 un essai historique Politique des cabinets de l'Europe.
Rentré
à Paris en 1792, il s'adonna dès lors à la littérature (histoire,
théâtre, chansons, contes, fables…) et fit notamment représenter, sous
le nom du citoyen Ségur aîné, un assez grand nombre de vaudevilles.
Bien que nommé membre l'Académie française en 1803, il ne publia pas
ses travaux littéraires, afin de gagner les faveurs de Napoléon, dont
il connaissait le peu de sympathie pour les hommes de lettres et qui
fit d’abords de lui un comte de l'Empire jusqu’à le promouvoir sénateur
en 1813.
Ce n’est qu’en 1819 qu’il publia enfin ses écrits poétiques, dans un recueil intitulé Romances et chansons
- C'est dans une de ses chansons que se trouve l'adage souvent cité : «
Tous les méchants sont buveurs d'eau : c'est bien prouvé par le
déluge.».
Il a connu la Comtesse de Ségur (1799-1874) par le biais de son
petit fils Eugène, Comte de Ségur, avec lequel elle se
maria.
La pêche
Un jour l'Amour, avec finesse,
Dit: «L'olivier à la sagesse
Doit s'attacher;
C'est le laurier que Mars préfère;
Mais ce qui convient à ma mère,
C'est le pêcher.»
Sur la pêche qui se colore
On voit Hébé, Pomone et Flore
Se rapprocher:
Elle est si brillante et si fraîche
Que tout le monde aime la pêche
Et le pêcher.
Elle a d'autres appas encore:
Le fin duvet qui la décore
Plaît au toucher:
Ce duvet que zéphyr caresse
Est le charme de la jeunesse
Et du pêcher.
Eve aimait un peu trop la pomme,
C'est aussi ce qu'au premier homme
J'ai reproché
En pareil cas, s'il faut qu'on pèche,
A sa place, pour une pêche
J'aurais péché.
Un joli sein de forme ronde
Qu'un bergère fraîche et blonde
Ne peut cacher,
Vénus, nous rappelle la pêche;
Et ce sein-là mieux que moi prêche
Pour le pêcher.
Les uns trouvent la poire exquise
Et les autres pour la cerise
Peuvent pencher;
Mais je ne vois rien qui m'empêche
De donner la pomme à la pêche
De mon pêcher.
in Choix de Chansons
Galantes d'Autrefois (Paul Marion, Ed. H. Daragon, 1911)
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