POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Luc Bérimont
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J'attends que s'impose la nuit
Pour te retrouver dans ma chanmbre
Tu nais des murs, de mon chagrin
Des humbles recoins, de ma tête
Tu nais, je crois bien, de mes mains
Lumineuses longtemps de t'avoir mise au jour


*


La nuit rauque emplissait les ravines de feuilles
La terre écartait ses genoux
L'averse illuminait ta bouche

Tombe en feu, tombe en feu

Le vent nous veillait, nus
Sa tête folle et noire

Tombe en feu, tombe en feu

La maison grondait, murs d'orage
Je vendangeais la nuit d'argile
Fragile, pleine d'arbres fous
Il va maintenant falloir vivre
Survivre à cette fête en nous.



*


Les murs des chambres de hasard
Croulent leurs sédiments marins
Quand tu te mets nue, face aux lampes ;
Un espace incertain surgit
Fait pour toi, et que tu occupes ;
Tu bouges ainsi que sait un dieu
- La bauge tiède du plaisir -
Je ne pense pas qu'il y ait
Point plus haut où lancer mon âme
Jouer l'obscur à sangs brûlés,
Aux tarots de l'image inverse ;
La chambre explose dans la nuit
Et tombe, incendiant le feu.





In L'évidence même - Aux racines du cri  (Ed. Flammarion, 1971 - p. 16 à 18)



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