Mon amour du profond des nuits
Du fond de la terre et des arbres
Du fond des vagues, de l'oubli
Mon amour des soifs de l'enfance
Mon amour de désespérance
Je t'attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom au fond des soutes
Des marécages sans oiseaux
Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas
J'attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine
Tu es terrible tu m'enchaînes
Tu me dévastes tu me fais
Je t'attends comme la forêt
Inextricable enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Mais que le matin fait chanter.
in Un feu vivant (Ed. Flammarion, 1968)