Enervements
Corps à corps... Nos désirs brûlent, nos bouches
s'offrent
Mais nous ne voulons pas sentir toute la joie.
Seins contre seins à travers les étoffes,
Viens ! Gardons entre nous ces laines et ces soies.
Tes yeux fuient mon regard ; la tête se dérobe ;
Nos mains rôdent le long des robes.
Respirons de tout près l'âme de ce baiser
Que nous ne voulons pas, ce soir, réaliser.
Sens-tu comme nos genoux tremblent ?
Ah ce désir des hanches amoureuses !
Ah ! céder !... Défaillir ensemble !... Mourir !...
Prendre !...
- Cherchons nos doigts, tâchons d'unir nos paumes creuses.
Des profondeurs, en nous, grandissent, inconnues ;
Etreignons-nous au moins de toutes nos mains nues.
Ma bouche sent déjà la forme de ta bouche :
Mais nous reculons avant qu'elles se touchent,
Pour que nos sens cabrés souffrent l'ardente joie
De s'être, en sanglotant, arrachés de leur proie !