Ton coeur changeant que je n'ai pas, à qui tu le donneras, je l'ignore.
Avec toi, je veux ignorer. L'heure est une absinthe vert pâle et
lactée. Tes yeux fondus s'y étalent ; vont-ils me
prendre, m'entraîner ?
Non, Dolly, venez. Cambrez vos reins saccadés, donnez à
mon angoisse chercheuse votre chair énamourée.
Ne mettez rien dans vos pensées que la fleur brûlante, en
bouton, qui tourne vite, au soleil de quelques minutes, se presse de
fleurir en notre sang et d'y baigner, en s'épuisant, toute sa
magie.
Respirez-la bien, Dolly, grisez-vous jusqu'aux moelles. Plus votre
ivresse sera folle, plus je sentirai votre corps perdu dans le mien,
qui s'endort, plus ma joie sera grande, ma joie bizarre et capiteuse,
qui vous en veut, de son extase douloureuse.