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MILLE
ET UNE NUITS
De volupté divine, admire o magie du cycle,
Par quel affectif effort tu nous fis apparaître visibles,
La nature sans voile est sue de toute parts,
Sur nos fronts, sous nos pieds l'ouvrir à nos regards,
Dans la suite après chaque victoire,
Sacrifices des libations d'huile et de lait,
Celle-ci en mémoire du temps, gardait
Le sentiment, parce que l'olivier noir,
Fidèle au dieu du jour ne se plaît,
Que plus tendre à ses ami(es),
Secrètement pour vous habiter,
Encore sous la retraite où je vous écris;
Que d'un peuple d'adorateurs
Si les hommages sont flatteurs?
Qui sait mourir mieux qu'une belle?
Qui sait ressusciter mieux qu'elle?
Palpiter, pâlir, tomber, enfin s'évanouir?
Or, qui jamais posséda mieux,
Les équivoques, la magie,
Et le dédale insidieux
De l'adroite amphibologie?
Qui jamais sut avec plus d'art,
Peser la crainte et l'espérance,
Donner double face au hasard,
Au milieu du raisonnement fondé sur l'expérience.
Ou femme au divin comité
Plaide avec la reine des belles;
Car la sagesse et la beauté
Sont rarement d'accord entre elles.
Minerve présente à la fois
Septs sages que la Grèce encense;
Et Vénus met pour contre poids
Les trois grâces de la balance.
Près d'un si séduisant minois,
Vénus va, dans son apanage,
Avoir milles grâce pour trois,
Minerve n'aura plus un sage.
Votre crainte est bien naturelle,
Je soupçonne entre vous un peu d'affinité
Et même de la fraternité
Rassurer l'amitié éternelle.
Après de longs pèlerinages,
Et de longues processions
Combien de dévots personnages,
Auquel ils mordraient les talons.
Sous les lambris doués des célestes portiques,
Vous regretterez quelque fois,
Les danses les concerts rustiques.
Ah! revenez habiter dans nos bois.
Alors s'est une Vénus que l'Amour dans vos
yeux,
Brille et s'aperçoive sans peine,
Comme l'on voit l'azur des cieux,
Comme le cristal d'une fontaine.
Ne vous tromperez vous jamais? le serment
Qui sort de vos lèvres vermeilles,
Est aussi doux pour votre amant,
Que le miel de jeunes abeilles.
Mais la séduisante douceur,
D'un aveu dicté par la feinte,
Pour un crédule et tendre coeur,
Est quelque fois plus amère que l'absinthe.
Recevez les pleurs de l'Amour,
Que vos charmes ont fait éclore,
Comme le coeur au point du jour,
Reçoit les larmes de l'aurore.
Cédez, mais à ses voeux ardents,
N'accordez pas tout ce qu'ils osent;
Des plaisirs de votre printemps,
Craint d'éparpiller la "Rose".
©
Marie-Ch. Alliot Du maine
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