Le Lai du Laustic
(extraits)
(...)
La nuit quand la lune luisait,
Que son seigneur était couché,
Bien souvent elle se levait,
De son manteau se revêtait,
Pour accourir à la fenêtre
Et voir son doux ami paraître,
Lequel menait la même vie,
Veillant le plus clair de la nuit.
La délectation de se voir,
Est tout ce qu'ils pouvaient avoir.
A force de quitter sa couche,
Elle fait que l'on se courrouce.
Maintes fois on lui demanda,
Quand elle se lève, où elle va.
"Sire", lui répondit la blonde,
"Je n'ai d'autre joie en ce monde
Que d'ouïr l'eostik
* chanter.
Et quand je reste à la croisée,
Si j'entends son doux chant la nuit
J'en éprouve un plaisir inouï.
J'aime tant ouïr cette merveille
Que ne puis trouver le sommeil."
(...)