Marie-Gabrielle
Forgach, poétesse et nouveliste née en
1962, nous livre
ici un poème d'amour et d'érotisme à l'inspiration
antique.
Les Hespérides
Lorsque tes mains oniriques
Rêvent sur mon corps
Les filles d'Atlas et d'Hespéris
Font sur mon corps
L'éphéméride
D'un éphémère cour à corps.
Lorsqu'aux confins du rêve
Au creux de mon amour s'endort
L'Hercule à la vaste contrée cachée
Aux silences du désert
S'éveille un dragon à cent têtes
Et tend sous le silence de la terre
Une pomme d'or
Arrachée aux silences de nos accords.
Lorsqu'en moi se déversent les flots de ton
sang
L'espace du don se déverse en larges flaques de sang
Sur mes draps ou sur les labours des champs
Mon corps est un champs de batailles
Où repose la guerre et l'amant
Au plus profond du labour bouillonne l'enfer
Et le soldat dort sur les flancs gras de Gaïa.
Aimes-moi, oh dis, aimes-moi encore et jusqu'à la mort
Plus fort encore que la mort
Et sois là pour l'heure et remplis-moi comme une amphore
D'extrapyramidal désaccord.