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(...)
J’appelle le premier homme
autour de mon lit
avec son parfum léger
d’eau de Cologne citronnée.
Il y aura aussi
quand je le désirerai
l’odeur du lait de beauté
« Les capiteuses
»
– Sur tes paumes ?
*
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Sur mes lèvres – échaudées –
givrées de sperme
Le Rouge de la Reine
parfumé et abondant.
Sous ma robe
une culotte mouillée
les hommes y mettent un doigt (ou deux)
parfois tous ensemble
et pour finir – la bite rougie.
– Ils crachent dans mes cheveux
sur mes
lèvres/dans ma bouche.
*
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81 -
(Mes yeux
brillaient de fièvre
j’avais les pommettes
rosées
et je respirais
péniblement.)
Rose.
Rose.
Rose.
*
(...)
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91 -
Mïrka
faisait tout.
La cuisine et le
modèle.
Se levait au jour
se couchait tard.
Elle préparait les
goûters
à toutes les
filles pendant les séances.
Et défendait comme
une chienne fidèle
les lingeries que Gilles
lui avaient offertes.
Pleine d’une confiance
aveugle en lui
elle savait se plier sans
aucun murmure
à ses fantaisies
les plus bizarres.
*
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92 -
Mïrka devait
être majorette ?
Qu’à cela ne
tienne !
MÏrka était
majorette !
*
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93 -
(Une jupe blanche
des cils fardés de
noir
un envol
élégant
un long cou
des lèvres rouges
un appareil dentaire
des jambes fines
des joues roses
des yeux scintillants
la culotte en coton
le collant chair
la botte en simili
le cheveu raide.)
Cinq ou six pas de course
précipitée
puis un claquement sec du
talon gauche
pour donner l’élan
au pied droit –
Elle file comme une
flèche.
– Quelle aisance ! Quelle
grâce, même !
*
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94 -
Tantôt les
bottes jointes au garde à vous
tantôt accroupies
faisant « l’américaine ».
Des yeux tout flambants
jeunes
presque enfantins
le bout d’un petit nez
rose
puis plus rien
rien
rien
tout le reste perdu dans
les mèches
d’une fausse
crinière blonde
soyeuse, propre, chaude.
Exquise à
frôler/à embrasser…
*
- page
95 -
Sur les oreilles,
un képi bien blanc
posé tout droit
une courte
pèlerine rouge
jetée sur les
épaules
et enfin un bâton
de métal lourd
en panache superbe
agité d’un
perpétuel mouvement
de chasse-mouches.
Gilles presque nu la fait
bouger
bouger
et la transforme en or.
*
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96 -
Rien qu’un
déguisement
un peu de maquillage
une nouvelle attitude
et on dirait que
Mïrka
a fait la majorette toute
sa vie.
Gilles travaille en
chantant –
se trouve
séparé du reste du monde.
Il descend de l’escabeau
pour voir de près
les galons.
Il examine aussi le
collant chair
avec une lampe et un canif
soulève en deux ou
trois endroits
la jupe qui cache la
culotte.
(...)
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107 -
Il est à peine minuit.
Nous goûtions un plaisir sans mélange/
extrait de jasmin/nos
dents d’ivoire toutes petites
les baisers onctueux et salés.
Les lèvres les
joues les ongles.
Les cils étirent
nos yeux avec du khôl/
ruissellent de larmes/de mascara.
Les très
déliés sourcils.
La peau les dents les
mains.
Le rose aux joues arrive.
Le rose aux joues
est là.
Manteaux fourrés
de gris
vanité/matador et
tubéreuses
chapeaux beaux profits/
Et d’argent maintes
espinglettes
– À l’heure de
l’observatoire…
*
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Draps de soie et tapis
draps d’or et blanc
Candide et bis
cuir lustré/manière noire
et appareils
photographiques.
La bouche ouverte
les mains derrière le dos/
La Vedra à la bouche.
– Je veux que les hommes
ne perdent pas un seul de
mes sourires.
*
(...)
Quand je jette un regard en arrière
sur ce temps-là
c’est comme si j’ouvrais un livre d’images
ou mieux encore
c’est comme ci
le rose me montait aux joues.
*
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