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à la liste "Antiquité"
Livre I
Epigramme
91
Parce que jamais je ne te voyais, Bassa, d'hommes
avec toi et parce que personne ne racontait que tu étais une
débauchée et que tu étais entourée de gens
de ton sexe pour te servir et que jamais un homme ne t'approchait,
j'avoue que tu me paraissais une Lucrèce. Mais, horreur !
c'est toi, Bassa, qui était le baiseur. Tu oses accoupler
des cons identiques et un prodigieux clitoris te fait ressembler
à un homme. Tu as imaginé une monstruosité
digne de l'énigme de Thèbe : ne pas avoir besoin d'homme
pour être adultère.
Livre II
Epigramme 61
Lorsque tes joues se couvraient d'un doux duvet, ta
langue malpropre léchait les hommes. Mais quand ta
tête repoussante est devenue sujet de dégoût pour
les croque-morts et le misérable bourreau, tu t'es servi de ta
bouche d'une autre façon : tu es devenu médisant et tu
aboies à tout nom qui se présente à toi. Que ta
langue malfaisante reste plutôt attachée aux sexes car
lorsqu'elle suçait, elle était plus pure.
Epigramme 62
Le fait que tu t'épiles la poitrine, les
jambes, les bras ; le fait que ta verge tondue n'est entourée
que de fins poils, tu le fais, Labienus - qui ne le sait pas ? - pour
ta maîtresse. Mais quel est ton but, Labienus, quand tu
t'épiles le cul ?
Livre III
Epigramme LXXI.
- Contre Névolus
Tandis que ton jeune esclave souffre de la mentule*, toi, Névolus, tu
souffres de la partie opposée : je ne suis pas devin, mais je
sais ce que tu fais.
*
du latin mentula :
pénis
[ Laurent Tailhade a fait une
imitation de cette
épigramme ]
Epigramme
LXXIII. - Contre Phébus
Tu couches, Phébus, avec de jeunes esclaves
pleins de virilité ; et ce qui est roide chez eux est flasque
chez toi. Je voulais bien croire que tu aimais les hommes, mais ce
n'est pas, dit-on, de la façon que je l'entendais.
Livre XI
Epigramme XLIII
– Contre sa femme
Tu m'accables de reproches, ma femme, parce que tu
m'as surpris avec mon mignon, et tu te prévaux de ce que, toi
aussi, tu as un derrière. Combien de fois Junon n'en a-t-elle
pas dit autant à son voluptueux époux ! Le maître
du tonnerre n'en couche pas moins avec l'aimable Ganymède. Le
héros de Tirynthe débandait son arc pour caresser Hylas ;
et penses-tu que Mégara n'eût pas de fesses ? La fuite de
Daphné désespérait Apollon ; cependant le berger
d'Oebalie lui fit oublier sa flamme. Quoique Briséis
tournât complaisamment le dos à Achille, celui-ci
préférait la main douce d'un jeune garçon sans
barbe. Cesse donc d'appliquer des noms masculins à quoi que ce
soit de ta personne, et persuade-toi bien que, par derrière
comme par devant, tu n'es qu'une femme.
[ ST Pavin a fait une imitation de cette
épigramme ]
Epigramme LVIII
- Contre Telesphorus
Quand tu vois, Telesphorus, mes désirs se
manifester et se produire en signes non équivoques, tu me
demandes l'impossible ; tu te figures alors que je ne saurais te rien
refuser, et si je n'appuie mes promesses d'un serment, tu retires ces
fesses qui te donnent tant d'empire sur moi. Qu'aurais-je à
faire, si l'esclave qui me rase, son rasoir sur ma gorge, me demandait
sa liberté et mes trésors ? Je lui promettrais tout :
car, en pareille circonstance, ce ne serait plus à un barbier,
c'est à un voleur que j'aurais affaire; et la peur est bien
impérieuse. Mais lorsque le rasoir serait rentré dans son
étui, je romprais bras et jambes au barbier. Quant à toi,
je ne te ferai rien; mais pour te punir de ton insatiable avarice,
après que j'aurai lavé mes mains, ma mentule* t'ordonnera de
la lécher.
*
du latin mentula :
pénis
Epigramme LXXX –
Sur Baïes
Flaccus, quand je consacrerais mille vers à
louer Baïes, ce rivage si précieux et si cher à
Vénus, et où la nature étale ses charmes et sa
magnificence, ce n'en serait pas encore assez pour louer dignement
Baïes. Mais, Flaccus, j'aime mieux Martial que Baïes. Vouloir
posséder l'un et l'autre en même temps serait un voeu
indiscret. Si cependant les dieux t'en accordent la faveur, quel
bonheur de jouir à la fois de Martial et de Baïes !
Epigramme
LXXXVII - A Charidemus
Tu étais riche jadis ; mais alors tu
étais pédéraste, et, pendant longtemps, tu ne
connus aucune femme. Maintenant, Charidemus, tu cours après les
vieilles : ô pouvoir merveilleux de l'indigence ! elle t'a fait
rentrer dans les voies de la nature.
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