POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Maurice Magre - Epigraphe
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Epigraphe



Sans robe, sur le lit, tu t'étais allongée.

Je regardais ton corps et la chambre orangée

Dans la phosphorescence et la chaleur du soir

Se refléter au fond des pâleurs du miroir.

et tout à coup, je vis les choses familières,

Sous un verdissement bizarre de lumière,

Qui se décomposaient, prolongeaient leurs contours,

Se muaient en êtres humains aux torses courts,

Aux cous trop longs. Je vis les meubles de la chambre

Qui se prenaient entre eux et qui tordaient leurs membres,

Revêtaient une forme à l'aspect animal.

Un palais fantastique et caricatural,

Avec des lacs de chair, de vivantes tentures

Et des contorsions d'obscènes créatures

Et des sexes géants figurant des piliers,

Remplaçait l'endroit cher où, sur ton bras plié,

Reposait en rêvant ta tête éblouissante.

Mais hors du lit, coulant comme une eau jaillissante,

Tu tordis tes cheveux qu'électrisait le soir

Et tu vins écraser tes seins sur le miroir,

Et ton buste d'enfant, souple comme une lame.

Et moi, voyant cela, j'avais peur dans mon âme

Que les bouches et que les bras que tu frôlais

Ne te fissent tomber dans l'étrange palais.

Mais tu ne voyais pas l'architecture folle

Ni les accouplements, ni les affreux symboles,

Et tu riais devant le miroir argenté

De ta peau de fruit clair et de ta nudité.





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