Issu
d'une bourgeoisie aisée, diplômé en droit, Maurice
Scève fréquente de bonne heure artistes et gens de
lettres à Lyon. Il ne semble pas pour autant avoir
cultivé les honneurs, mais multiplie au contraire les retraites
solitaires (cf. son long poème
Saulsaye, 1547) et ne signe quasiment jamais ses œuvres.
Il acquiert sa renommée poétique en remportant le
concours des Blasons, lancé par Clément Marot en 1535,
grâce à son
Blason du sourcil.
Humaniste passionné par l'Antiquité et l'Italie, son
œuvre se place sous l'influence de Platon et de Pétrarque.
Sa poésie convoque aussi de nombreux motifs et récits
bibliques (cf. sa dernière œuvre,
Microcosme - 1562). Son écriture est dès lors assez érudite et hermétique.
Son œuvre majeure,
Délie, objet de plus haute vertu,
fut publiée quasi anonymement en 1544. Délie est
dédiée à une femme aimée d'un amour
impossible, identifiée à sa jeune élève
Pernette Du Guillet.
Sa poésie renoue alors avec le romantisme et le lyrisme.
C’est le premier cycle amoureux de la Renaissance
française.
En 1555, il participe aux côtés d'
Olivier de Magny et de
Jean-Antoine De Baïf, à un recueil d'hommage collectif à
Louise Labé :
Escriz de divers poètes a la louenge de Louize Labé.