I
Dans le marbre pur de Paros,
Praxitèle fit cet Éros
(1).
De son côté, ce joli dieu
Créa cette statue de chair
Lui donnant ses traits radieux
Et le surnommant Praxitèle.
Ainsi, le premier dans l'éther,
Et le second sur cette terre,
Arbitres de la volupté
Sont devenus, car les Amours,
Au ciel et dans l'humanité,
Doivent gouverner sans détour.
Vous, les Méropes
(2) bienheureuses,
Vous avez nourri cet enfant,
Ce nouvel Amour triomphant :
Vous pouvez en être orgueilleuses.
II
Praxitèle sculpta une fort douce image,
Une statue sans vie, muette expression
De la beauté. De nos jours, Praxitèle, autre mage
A sculpté dans mon âme, Éros, ce polisson !
Ce Praxitèle-là n'a rien de comparable
Au premier, mais il a ce don bien supérieur :
Ne taillant pas la pierre il travaille les cœurs.
Ah ! que sa douce main modèle tout mon être !
Qu'il fasse un lieu d'Amour dans son bel intérieur !
(2) Habitants de l'île de Cos dont Mérops fut le 1er roi.