De
Mme De Lauvergne on ne sait pas grand chose..., si ce n'est qu'elle
avait des penchants pour les Dames de son sexe comme le montre l'oeuvre
publiée à sa mort : Recueil
de poésies par Mme De Lauvergne.
Ce recueil est dédié de manière posthume, par une
de ses probables parentes Melle Le Roux, à Mme la marquise De Neuville, qui
fut selon certains Mme De La Fayette et selon d'autres (Bulletin du bibliophile et du biliothecaire
de J.
Techener) la femme de Jean-Baptiste Vallot, Marquis De Neuville et
premier médecin du Roi. Elle est en tout cas Melle Godefroy dans
les poésies de Lauvergne qui lui déclare toute son
admiration et sa flamme dans diverses pièces.
Selon Antoine Baudeau de Somaize dans son Dictionnaire des précieuses, Mme
De Lauvergne serait le nom d'auteure d'une précieuse, toute
aussi mystérieuse, nommée Lénodaride Lavergne.
Sonnet pour
Mademoiselle Godefroy
Aimable Godefroy, vous êtes redoutable,
Vos beaux yeux savent l'art d'ôter la liberté.
Ils ont de la douceur, ils ont de la fierté
Et leur brillant éclat n'a rien de comparable.
Le tour de votre esprit parait inimitable,
Qui pourrait se lasser d'admirer sa beauté,
Il est fin, délicat et rempli de bonté,
Et l'on voit dans votre air un charme inévitable.
Mon cœur qui tant de fois se défendit d'aimer,
Connut que malgré lui vous l'alliez enflammer,
Par vos attraits puissants, mon âme fut surprise,
Et je sentis pour vous certain je ne sais quoi,
Que mes brûlants soupirs vous dirent mieux que moi,
Au moment qu'à vos pieds je perdis ma franchise.
in Recueil de poësies par Mme
De Lauvergne (Ed. Claude Barbin, 1680, p. 156)