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à la liste "20è siècle"
Ecrivain
algérien de langue française, auteur de romans,
poésies, nouvelles, pièces de
théâtre et contes pour enfants.
Mohammed Dib fait ses études sans fréquenter
l'école coranique. Après la mort de son père en
1931, il commence autour de 1934 à écrire des
poèmes mais également à peindre. Pendant la second
guerre mondiale il est instituteur, puis comptable et enfin
interprète franco-anglais auprès des armées
alliées.
Après la guerre il devient dessinateur de maquettes de tapis,
réalisés et vendus sous son contrôle et publie en
1946 un premier poème dans la revue Les Lettres
de Genève, sous le nom de Diabi. Il fait la connaissance
d'Albert Camus, Louis Guilloux, Jean Sénac… Il est
ensuite syndicaliste agricole, effectue un premier voyage en France,
puis travaille au journal progressiste Alger républicain
où il publie des reportages, des textes engagés et
des chroniques sur le théâtre en arabe parlé. Il
écrit également dans Liberté, journal du Parti communiste algérien.
En 1951 il se marie avec Colette Bellissant, dont il aura quatre enfants. En 1952 paraît La Grande Maison
(Éd. du Seuil), premier volet de sa trilogie sur
l'Algérie où il témoigne de la misère des
villes et des campagnes, des grèves des ouvriers agricoles, des
revendications nationalistes naissantes. La presse coloniale critique
le roman, Aragon le défend.
Les deux autres volets de la trilogie, L'Incendie et Le Métier à tisser,
paraissent en 1954, l'année même du déclenchement
de la guerre de libération, et en 1957. Tandis qu'il aborde plus
explicitement la guerre d'indépendance dans Un Été africain,
Mohammed Dib est expulsé d'Algérie en 1960 en raison de
ses activités militantes. Malraux et Camus interviennent pour
qu'il puisse s'installer en France.
Son écriture bifurque vers l'onirisme, le fantastique et dans
une quête plus introspective autour des thèmes de la
condition humaine, de la féminité et de la mort. Puis,
dans les années 70, il se recentre sur l'Algérie
d'aujourd'hui (Dieu en Barbarie, Le Maître de chasse) et parcoure le monde, notamment en Finlande où il collabore, avec le poète Guillevic, à des traductions.
En 1994, il reçoit le Grand Prix de la Francophonie de
l'Académie française, attribué pour la
première fois à un écrivain maghrébin. Dans
ses derniers livres il revient sur ses souvenirs de jeunesse, avant de
s’éteindre à Paris à l’âge de 82
ans.
Dans le domaine qui nous intéresse, ses recueils de poèmes Omneros (1975) et Feu beau feu
(1979) sont de belles célébrations de l'amour et de
l'érotisme. L’ensemble de son œuvre poétique
a été réunie en 2007 aux éditions La
Différence.
Fondation d'amour
je suis celle qui
sur deux versants
aussitôt s'écartèle
celle d'une bouche
qui monte en regard
et se sait trop douce
et pour s'allonger
traque une blancheur
d'un coup plaintive
émergeant du bas
bête toute qui remue
la nuit autour d'elle
in Feu beau feu (Ed. Seuil, 1979, réed. La Différence, collection Clepsydre, 2001)
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