Pour vous séduire
Pour
vous séduire,
je resterais simplement moi,
mais ne sachant plus qui je suis, cela serait vain…
Il est un temps où pour vous séduire,
J'étais moi,
Jeux de jambes qui délicatement se croisent et se
décroisent sur l'indescente fente d'une jupe noire
austère….
Cache-Cache déroutant, d'une gorge généreuse sous
la transparence voilée des tissus, rondeur d'un sein qui se
dévoile discrétement sous la liberté d'un simple
chemisier auquel la morale fermerait un bouton de plus… au
détour d'un regard, apparition éphémère…
Négligé soigné d'une bretelle timide qui glisse le
long d'une épaule ronde, laissant découvrir la dentelle
travaillée d'un dessous, et que nonchalament je replaçais
…
Regard noir profond qui plonge dans vos yeux et vous fait
détourner le regard, regard sourire qui ouvre la porte d'une
écoute de vous, d'une disposition à vous entendre sans
vous juger… apprivoisant l'éclat sauvage d'une étincelle.
Bouche coquelicot qui s'épanouit dans un sourire sous la
lumière du regard, vibrato léger du son d'une voix qui se
pose un instant, et reprend son cours jusqu'à vous entrainer au
pays de vous même…
Un geste qui tel une caresse libére quelques mèches de
cheveux, ou découvre une nuque sous la prison d'une
épingle savament glissée.
Effluve de vanille sous une rose de mai qui s'exalte sur le bois
d'encens d'une peau, grisant vos sens…
Séduction qui danse sur le corps, mouvements amples qui
enserrent l'espace, et s'éclipsent, vous laissant un sourire
encore rêveur..
Jeux de séduction, sans provocation, simple plaisir
d'être… moi simplement…
Pour te séduire, à présent
je ne saurais plus…
Mon corps s'est écorché sur les chemins du silence,
Mon regard s'est perdu sur l'horizon de ton ciel sombre
Mes mots se sont tus dans l'attente de ta sincérité,
Les effluves d'une vanille bourbon virent sur l'amer de mes larmes,
Les aiguilles d'une montre se sont figées à mon poignet…
L'ambre ne scintille plus à mon doigt,
J'ai perdu ma lumière à l'ombre de tes non-dits.
Vous séduire serait ridicule à présent,
Je n'endosserais pas le masque des règles de séduction
Ni superficielle, ni faux-semblant…
le corps caché sous la toile sans forme,
Le regard absent, le sourire pâle
Je regarde passé la vie,
Je ne suis plus moi, tremblante et fragile
je ne suis personne…
Fantôme…