Je rêve
d’un jardin de verges, toutes plus belles les unes que les autres, ou
je cultiverais avec délicatesse ces fleurs odorantes et
célestes. Je rêve de m’y allongée nue, tel un fakir
sur du verre, le visage caressé par la chair et le corps
frôlant l’overdose. Il y en aurait partout, dans mon cou, dans
mes cheveux, certaines auraient trouvé leur place au creux de
mes aisselles ou sous la plante de mes pieds, d’autres, les plus
chanceuses, seraient blotties entre mes seins, entre mes cuisses, aux
commissures de mes lèvres tremblantes de satisfaction. Je
pourrais toutes les essayer, leur donner des petits noms selon leur
forme, selon leur effet. J’aurais mes préférées
vers lesquelles indéniablement je retournerais, sans pour autant
délaisser les autres que je satisferais de manière
peut-être un peu moins passionnée, mais tout de
même. Parfois je m’y laisserais choir, transpercer par surprise,
j’essaierais de battre des records à m’en écoeurer
(combien au maximum, combien dans un seul trou). Je serais
égoïste, possessive, jamais je ne partagerais.
Propriété privée. Ce serait merveilleux. Je les
aimerais toutes et je le leur dirais. Mon jardin merveilleux. Mon
jardin merveilleux.