Né en
Guadeloupe, Nicolas-Germain Léonard fut amené très
jeune en France où il fit ses études. Il n'avait que
dix-huit ans lorsqu'il fut, comme poète, couronné par
l'Académie de Rouen pour une pièce religieuse que l'on
retrouve dans ses Idylles morales
publiées en 1766.
En 1772, il fait paraître un roman intitulé La Nouvelle Clémentine ou les
Lettres d'Henriette de Berville, inspiré par une
mésaventure sentimentale qui lui était arrivée :
il avait aimé une jeune fille et en avait été
aimé mais n'avait pas été agréé par
la famille car de trop petite naissance et de trop peu de fortune ; la
jeune fille n'avait pas voulu d'autre époux, avait
été mise au couvent où elle était morte de
chagrin.
En 1775, il fait paraître ses Idylles
et poésies champêtres, puis en 1783 un second roman
: Lettres de deux amants, habitants
de Lyon, contenant l'histoire de Thérèse et de Faldoni.
En 1784 il est nommé vice-sénéchal de la
Guadeloupe. Il s'y montrera résolument anti-esclavagiste mais
sera obligé de quitter l'île en 1792, victime de
tentatives d'assassinat.
Ses Œuvres complètes
(3 volumes) ont été publiées après sa mort
(en 1798) par son neveu François-Nicolas-Vincent Campenon. Sa
poésie a l'agrément de la sensibilité et du
naturel, et la mélancolie qu'il exprime dans plusieurs de ses
poèmes en fait un romantique avant l'heure. A noter qu'il est
l'auteur du vers qui, légèrement modifié, devait
devenir fameux sous le nom de Lamartine : "Un seul être me manque
et tout est dépeuplé."