Le sommeil de Vénus
Mars trouvant Vénus à Paphos
Mollement mise sur le dos :
Voyons, dit-il, tout ce qu'elle a.
Alleluia !
Il alla déranger soudain
Le voile qui couvrait son sein ;
Plus blanc que neige il le trouva.
Alleluia !
Sa main eut la témérité
D'en palper la rotondité ;
Le trouvant ferme, il s'écria :
Alleluia !
Enivré des plus doux plaisirs,
Il forma de nouveaux désirs ;
Ce qui s'augmente s'augmenta.
Alleluia !
A chaque pas il rencontra
Attraits par ci, charmes par là
Et de baisers les régala.
Alleluia !
Vénus, fermant toujours les yeux,
S'arrangeait pourtant de son mieux
Et le guerrier en profita.
Alleluia !
Grands dieux ! disait Mars, qui voyait
Qu'en dormant on le secondait,
Voyons comment ça finira
Alleluia !
On dit qu'amplement il fêta
Son sein, sa bouche, et cœtera ;
Trois heures le sommeil dura.
Alleluia !
Vénus, à la fin s'éveillant,
Dit au Dieu presqu'en rougissant :
Eh ! monsieur, qui vous savait là ?
Alleluia !