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à la liste "18è siècle"
Nicolas-Joseph-Florent
Gilbert vit son éducation confiée au curé du
village où son père était maire et
commerçant. En 1768, à la mort de son père, il
monte à Nancy, où il côtoie quelque temps les
cercles littéraires ; il y fait ses débuts, avec un roman
Les Familles de Darius et
d'Éridame ou Statira et Amestris (1770).
Après 1770, il part pour Paris, avec en poche ses premiers vers,
ainsi qu'une lettre qui le recommande à D'Alembert. Celui-ci le
reçoit assez froidement et Gilbert se retrouve reclus dans une
mansarde, à tâcher de vivre misérablement de sa
plume. Il réussi cependant à faire publier ses
premières pièces en vers en 1771 mais dans
l'indifférence générale. Même
insuccès pour diverses pièces qu'il présente en
1772 et 73 au concours de l'Académie française.
En 1775 paraît sa première pièce majeure, qui
marque son temps, Le
Dix-huitième siècle, satire en vers qui donne la
caricature féroce de son temps, tirant à boulets
ruges sur la bourgeoisie, la noblesse, le clergé libertin, la
littérature du moment... Cet ouvrage est véritablement
à sa parution "un météore dans le champ
littéraire" (Huysmans) de l'époque ; vivement
critiqué ou applaudi, il est indéniable qu'à
partir de 1775, le jeune poète devient une figure reconnue de la
littérature.
Cette période de succès et de reconnaissance
s'arrête brusquement le 16 novembre 1780, par une chute de cheval
qui signera sa mort, à seulement 29 ans. Cette mort
précose le fera cependant passer à la
postérité sous le signe des poètes maudits.
Les charmes des bois
Que j'aime ces bois
solitaires !
Aux bois se plaisent les amants ;
Les nymphes y sont moins sévères,
et les bergers plus éloquents.
Les gazons, l'ombre et le silence
Inspirent les tendres aveux ;
L'Amour est aux bois sans défense ;
C'est aux bois qu'il fait des heureux.
O vous qui, pleurant sur vos chaînes,
Sans espoirs servez sous ses lois,
Pour attendrir vos inhumaines,
Tachez de les conduire aux bois !
Venez aux bois, beautés volages ;
Ici les amours sont discrets :
Vos soeurs visitent les ombrages,
Les Grâces aiment les forêts...
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