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Nicole Estienne Liébaut, dite L'Olympe (~ 1540 – ~ 1590)
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Fille de Charles Estienne, le troisième fils du célèbre imprimeur Henri Estienne, Nicole Estienne naît dans l'une des familles les plus influentes du monde de l'imprimerie au XVIe siècle. C'est dans ce milieu des Belles-lettres, langues anciennes et sciences que se déroule son enfance.

Nicole est d'abord fiancée au poète Jacques Grévin qui la célèbre dans son recueil L'Olympe (Ed. Robert Estienne, 1560), d'où le surnom que la postérité lui donnera souvent. Les fiançailles sont rompues pour des raisons inconnues, probablement à cause des déboires financiers du père de Nicole ou de la conversion de Jacques au protestantisme. En 1561, Nicole se marie avec Jean Liébault, médecin, régent de la Faculté de Médecine de Paris et auteur d'ouvrages scientifiques.

De ses ouvrages en vers et en prose, connus par ses contemporains, Le mépris d'amour et l'Apologie ou Défense pour les femmes contre ceux qui les méprisent, tous deux perdus, une seule pièce fut imprimée : Les Misères de la femme mariée, publiée à Paris, sans date (probablement vers 1590), chez Pierre Mesnier, puis à Rouen en 1597 et enfin sous le titre de Discours pitoyable, des lamentations de la femme mariée, chez Thomas d'Armosin, vers 1619.

Cette pièce en vers est écrite en réponse aux Stances du Mariage de Philippe Desportes (1573), un ouvrage dans la pure tradition misogyne. Nicole Estienne défend l'idée du mariage tout en critiquant la pratique de l'institution à son époque. Elle condamne notamment la grande différence d'âge entre époux, l'intolérance des maris incultes qui n'admettent pas que leurs femmes soient savantes, et l'assujettissement corporel et psychologique des femmes mariées. Son plaidoyer ne semble pas autobiographique car il dépasse le cadre des revendications personnelles et s'inscrit dans un champ politique et social.

Nicole Estienne publie également quelques poésies liminaires dans des recueils d'autres poètes, dont François Béroalde De Verville, qui témoignent de sa participation à l'activité du monde littéraire de son époque. Elle les signe souvent «N.E.», suivi de son anagramme «J'estonne le ciel».

Elle fut l'une des femmes illustres de son temps avant que sa notoriété ne laisse place à une semi-obscurité dans l'histoire littéraire, pour revenir sur la scène littéraire avec l'avènement du féminisme, et la réédition de ses œuvres par Ilana Zinguer aux éditions Slatkine (1982) sous le titre Misères et grandeur de la femme au XVIe siècle.








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