Nous - Chronique III
L'éloignement est à l'amour
Ce que le feu est au vent :
Il éteint la flamme du petit
Il ravive la flamme du grand
De l'amour
Dans le manège des événements de notre barque
Les voeux ont pris corps, insaisissable intrépidité
Nous voici échangeant des aveux, des baisers, le corps nu
Échangeant ces frémissements dont on ne revient pas
On se désire, je t'attends, tu te présentes, je te
reçois
Et, le meilleur de nous-mêmes se rejoint en cet instant
Nous sommes ce que les mots interdisent même
Nouant nos sentiments à la pleine mesure de nos sens
Au point qu'ils sont le testament de ce que notre couche
S'est donnée de voir et d'entendre : nos « je t'aime
» en écho.
Le délectable tableau dans lequel les amants se glissent
Les entraînent à l'envi du fait de leurs aveux
Fruit irradiant son pouvoir, les yeux dans les yeux
Suprême abandon, volonté d'être un, mots tendres
Ils se répandent en un seul cri victorieux.
Ils préservent jalousement ces échos de l'hymen
Des multiples ébats passionnés
Mêlé au vent chaud de leurs ailleurs
Une immense et constante vague, de nature,
Les ramène l'un vers l'autre,
Ils n'en n'ont pas le vocabulaire,
L'indicible