Nous, les chroniques
ODE SUR
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Nous, chronique I





J'ai fait un long voyage
Jusqu'à en épuiser le cœur
Mais l'Amour, Lui, est inépuisable
 

Bonheurs et pleurs en rafale
Jonchent mêlés le sol foulé
Lors de la lente pérégrination

 

 



 

 

  L'amante et l'amant

 



 

 

  Et j'ai trouvé un mouchoir
Fleur que la joie abandonne
Car l'amant n'est pas revenu



 

 

  Et je lui ai donné la main
Sous les branches en écoutant chanter
Le merle moqueur
Le printemps du cœur
Y a trouvé son compte
 



 

 

  Et je lui ai donné la main
Pour qu'il change de rive
Lui ai indiqué le gué
Pour qu'il ne dérive
Mais il se tenait au guet
 



 

 

  Et je l'ai apprivoisé
Ce brûlant oiseau d'ailleurs

 



 

 

  Pensées entremêlées

 



 

 

  Il est si tard, là où il est
Et pendant que mon ciel brille
Il regarde la lune et moi le soleil
Il vient me surprendre dans mes nuits
Je laisse monter ma joie
Pendant qu'il veille
Et que son absence lui ouvre mes bras
 



 

 

  « Et la pendule, même arrêtée, a quand même raison deux fois par jour »

 



 

 

  Donne-moi encore la main et qu'opère l'oeillade
Le fils de l'eau nous tient, tournis, remous
Puisse le courant fasse que l'on se retrouve
Que le héron blessé vienne là sur ma couche
Et donne un baiser au coin là, de ma bouche
Pour en goûter la fragrance et se rendre aux désirs
Afin que s'achève à jamais l'errance
Et que se mêlent enfin nos soupirs !

 



 

 

  Dialogues des amants

 



 

 

  « L'étoile naît de nuit... j'aime l'étoile aux cieux...
L'aube l'enlève.
Et je vois ton regard, que reprenne mon rêve...
J'aime tes yeux.
»

« Ô ! Comme j'aime les tiens, amant ! »

 



 

 

  « J'attends ému l'aurore,
Aux aguets,
pour te céder encore
Maints baisers.
»

« Qu'arrive bientôt l'heure bleue, amant ! »

 

 



 

 

  « Accueillir.. sentir.. ressentir... éprouver...
Puis aimer et rentrer dans la danse...
Et comprendre qu'aimer c'est consentir
Et faire d'abandons une valse d'ensemble...
Mêler... accueillir... synchroniser les tons...
Raviver les lumières... et loin de dominer...
Les ajouts se font tendres... courbent l'échine...
Et là.. eh là! .. trouvent leur place à eux...
En filigrane offerte au moment très précis
Où paraphant par toi., je sentis qu'une place ici
Et là m'était offerte ...
et si le clair poète s'avérait incompris...
en pur anachorète il s'en irait surpris
de n'avoir pu entre teintes et jeux
plaire à tes doux aveux
»

« Jamais le clair poète ne se sentira incompris
Jamais, non jamais, ne me déplaira
Et mes doux et tendres aveux
Je les réitère à chaque seconde, regarde mes yeux ! »

 



 

 

 
  « Ton nom est goutte et d'or ma Mie »

« Ô ! Mon ami, ton absence broie
Ce que j'ai de vie. Reviens vite à la fontaine ! »

 


 

  « Je te prends par l'épaule et par-dessus elle, 
je lis avec toi - tendre...
»

« Je te sais là, ton corps contre le mien, 
j'aime ton parfum, lisons - tendre... »

 


 

 
  « Tu es mon cœur de résonance, en toi je trouve mon écho...
Et ces paillettes dans les yeux... Je veux que tu sois en manque de moi
Et je suis là, à monnayer quelques émois.
»

« Tu es, âme ma sœur âme, le plus précieux don que la vie m'ait fait.
Mes yeux paillettes d'étoiles, c'est toi qui les a allumés...
Je suis en manque de toi, mon ange, reviens vite de ton errance »

 


 

  « ... mi-chou, joli chou-mi, dès le matin je chemine vers toi
et dans le même temps que mes heures se déroulent
les tiennes m'accompagnent...
»

« Ô mon amour, je suis ta compagne des heures interminables
qui nous séparent. Je suis ta femme, ta féale. »

 


 

  « ... mouche, que de murmures, de souffles,
d'effleurements d'où des effluves de vagues
...et j'obtempère assez mon cœur dedans ton âme...
»

« mon cœur, je me sens bien en toi, tu es ma maison,
ma chaleur, ma paix et d'être, ma raison... »

 


 

  «... Ô Terre je t'aime !
Et toi aussi, que ça te plaise ou non !
»

« Il ne peut que me plaire que tu me fasses ce tendre aveux
Je suis de Gaia - et à la fois d'Aphrodite - la fille bien aimée
Comme elles, je sème la vie et donne l'amour... »

 


 

  « Tes mots sont lumineux, à touche cœur, à boire
Ils sont enivrants, ils sont une caresse,
Une invite à aimer sans borne, une invite à goûter. Ah !
»

« Mes pensées, mes gestes, mes mots sont pour toi mon aimé
Viens goûter les replis de mon âme, de mon corps, je t'attends
Et mes bras te tends... »


Nous©

Fin de la partie 1 de

« Nous, les Chroniques »

 


 

Nous, Chronique II




 

Et que se continue la longue ascension
Vers le possible bonheur
Je marche vers toi, blessé le héron
Je viens vers toi, le passeur
 




 

 

  De l'Amour



 

 

  Nous nouons nos idées
Comme se nouent nos âmes
Comme se noueront nos corps




 

  Et tu me diras encore au creux de l'oreille
« Ma douss'mouch', pour ça que je t'aime
Il est minuit, je t'emmène avec moi...
»




 

  Le temps pour nous est concentré
Tissage tricoté-serré, dense
Les jours sont des années
D'une complicité qui mobilise l'esprit de l'art
Le cœur et le corps de l'autre
Liant des mots, des gestes et des tons
Nouant nos vœux, aiguise la hâte
Verse avec bonheur comme un doux sortilège
À la vasque de nos cœurs
On se répand tout autour de nous et en nous
L'âme s'affaire avec enthousiasme et joie
Repoussant les exigences du banal quotidien
L'immédiat nécessaire tenant à ce que nos mains
Trouvent dans celles de l'autre ce qui en tombe
La voie lactée nous a prêtée de ses paillettes
Et là, en y regardant, plongeant nos yeux dans les étoiles
Il s'y trouve une place à nos cœurs.

 




 

  Dialogues des amants




 

  « Approche, donne tes mains, parle, parle encore
et que je te fasse taire... comme il se doit...
Quand le héron blessé, vient au coin là...
Puise en moi, épuise-moi...
»

« Je m'approche, te tends mes mains, et je te parle
te dis mes mots d'aime... tu me prends dans tes bras
et d'un baiser tendre me fais taire. Je puise et épuise en toi
le meilleur. Tu es et seras toujours des orfèvres, le roi... »




 

  « Je suis affectueux, à la religion des mots, mon corps est sain.
Je me guérirai de mes blessures. Je suis en quête permanente et
j'aime que l'on m'aime et comme tu m'aimes, j'aime.
»

« C'est pour cela que je t'aime, amant. Tu es fort, courageux et même tes blessures, en ta quête, te grandiront. J'aime aussi que l'on m'aime.
J'aime qu'ainsi tu m'aimes. »



 

  « Lorsque je suis revenu en mon pays, un je-ne-sais-quoi, un "autre-chose" m'attirait et c'est vers toi seule que je me suis porté, et puis cette balance d'un mot à l'autre, ce radeau de fortune qui navigue dans le cœur, qui prend son poids et sur lequel s'accumulent des raisons d'avoir besoin de l'autre.  De souhaiter, de sentir, de balbutier et à la fin de dire et s'entendre dire : je t'aime...  Là au creux de moi, je te sens. Je te regarde, je lis sur tes lèvres, pour moi, manière de caresser qui tu es...
Je t'aime...
»

« Je te souffle à l'oreille ces mots si précieux : Je t'aime, amant.
Que tu m'ais choisie ne peux que me plaire. Si tu n'étais pas revenu vers moi...
Que serait donc ma vie ? »



 

  « Je t'embrasse, pas tout à fait au creux là, de ta bouche.
Que tu aies ce goût qu'aux fleurs le ciel donna
- et si le goût en cesse c'est pour qu'à ton oreille
le mot aimer revienne en sons vibrato -...
»

« Tes baisers ont goût de miel, de fleurs des champs.
Tes aveux, à mon oreille, sont musique céleste... »




 

  « Après cette nuit d'amour ... tout est là latent à la porte...
des mots, des aveux ont été dits...
Je souffle sur tes lèvres et j'ai le mal de toi !
Mais me plaît que ne cesse la morsure de feu
Cette langueur d'amour qui me ramène à toi....
»

« Je suis dans nos ailleurs, mon âme.
Je garde au chaud ton souffle et tes caresses.
Ainsi, se prolongent nos passionnés ébats... »



 

  « Mon souffle est le tien
Quel plaisir-bonheur de pouvoir te dire je t'aime
Et t'embrasser librement...
»

« Reviens sur ma couche, âme ma sœur âme,
Je te guérirai de tes blessures à l'âme et au corps
Faits l'un pour l'autre et de l'ange, nous avons l'accord
Embrasse-moi, libres, tu es mien, je suis tienne... »




 

  « Doux et précieux sont les bleus de notre ciel
Bleus dont j'aime les voilures qui suggèrent
Pour mieux confirmer les mots qui gouttent du cœur
Non sans qu'au ventre un appel ne se sente:
S'il te plaît, ma Mie, tes mains, tes yeux, tes lèvres,
Tes tempes, ton front, et ton cou puis tes seins,
Tes épaules, tes bras, ton ventre et tes hanches
Être en toi m'éblouit, c'est le doux couronnement
Amour, je te désire
...»

« Bleus de ciel de lit, bleus comme nos amours si belles
Je m'offre entière à toi, mon ventre est de fièvre,
Certes, il me plaît amant, viens !... »




 

  « Nous nous sommes effleurés du bout de l'âme
Pliés nos cœurs à la réalité des corps
Que ton temple devienne le légitime aboutissement
Je te sens te discerne, accomplissement
Guide ma main...
»

« Ce temple noir, je t'en offre le rose
Je guide ta main, amant, oui j'ose
Et que la chair de nos dits
Soit fécondée de ton amour ! »

 



 

  Lettres des amants




 

  « À toi que j'aime,

Amie, amour, je vais, je te laisse et sois sûre que tu demeures en moi. J'ai quelque part osé, avec quelque infortune, si ton âme blessée par excès par défaut, je retourne à ta bouche aux fins qu'entre tes lèvres, passent ces mots aimables qui me rassureront, de ce que tu n'en veux ni à l'homme, ni au cœur, ni à l'âme encombrée, l'émotion toujours rendant si malhabile qu'à un moment ou l'autre il faut dire pardon. De ce jour merveilleux j'ai cueilli tant de choses que tu as dites et pour lesquelles je n'ai dans ma besace pas assez de merci..

Ton amour, si tu le veux à toi »


« À toi, mon ange,

Après cette fabuleuse journée, qu'aurais-je à te pardonner, dis-moi... Ton empressement n'était porté que par ton désir, ton amour pour moi. Tu as osé, et c'est bien ainsi. Nous avons été si heureux. Tu m'as faite femme à nouveau. Reviens à ma bouche, afin que mes lèvres reçoivent comme doux miel, tes mots aimables. Rassure-toi, mon âme, et ne demande plus pardon de m'aimer de telle manière, j'aime ta fougue. C'est ainsi que je t'aime aussi, et ne saurais m'en plaindre.

Ton amour, qui te veux à elle pour l'éternité »

 



 

 
Nous©

Fin de la partie 2 de

« Nous, les Chroniques »

 

 


 


 

Nous, Chronique III




L'éloignement est à l'amour
Ce que le feu est au vent :
Il éteint la flamme du petit
Il ravive la flamme du grand


 





 

  De l'amour




 

  L'Amant

« Dans le manège des événements de notre barque
Les vœux ont pris corps, insaisissable intrépidité
Nous voici échangeant des aveux, des baisers, le corps nu
Échangeant ces frémissements dont on ne revient pas
On se désire, je t'attends, tu te présentes, je te reçois
Et, le meilleur de nous-mêmes se rejoint en cet instant
Nous sommes ce que les mots interdisent même
Nouant nos sentiments à la pleine mesure de nos sens
Au point qu'ils sont le testament de ce que notre couche
S'est donnée de voir et d'entendre : nos « je t'aime » en écho
. »



 

  Le délectable tableau dans lequel les amants se glissent
Les entraînent à l'envi du fait de leurs aveux
Fruit irradiant son pouvoir, les yeux dans les yeux
Suprême abandon, volonté d'être un, mots tendres
Ils se répandent en un seul cri victorieux.



 

  Ils préservent jalousement ces échos de l'hymen
Des multiples ébats passionnés
Mêlé au vent chaud de leurs ailleurs



 

  Une immense et constante vague, de nature,
Les ramène l'un vers l'autre,
Ils en ont perdu le vocabulaire,
L'indicible


 






 

  Dialogue des amants




 

  « Mon immense sensibilité ne sait pas regarder les choses avec banalité.  Ce qui nous arrive, ma Mie, n'est par ordinaire et mérite de ne pas être tenu pour une expression futile sans signification. Laisseras-tu la vague poursuivre son oeuvre, allons dis-moi, toi que j'aime... »

« Je suis troublée par cet amour immense, mon âme, je ne peux nager à contre-courant. Je laisse la vague poursuivre son oeuvre et qu'elle m'emporte vers toi à jamais. Tout est si beau et prenant. Que la flamme de notre amour ne s'éteigne jamais ! »



 

  « Ma douce, j'aime qui tu es, j'aime ta logique naturelle des choses, un coup de vrai, un coup de rêve, les deux quand tu cèdes tes lèvres...»

« Un pied dans l'eau et l'autre sur terre, entre le rêve et la réalité je funambule. Amour, je te cède mes lèvres... »



 

  « Quels émois, ma fée, mon cœur, tes mots sont des eaux de fontaine, tu touches mon cœur qui boit à tes aveux, ils ont des goûts de vertiges et d'un vertige à l'autre, je tombe entre tes bras, vois ces corps qui se font liges et guident nos ébats. Que murmure enfin le chant de leur complaintes, ta peau prend des parfums d'absinthes, début d'interminables danses, et mes mains ravies n'ont plus qu'à suivre le courant en se laissant porter jusqu'au chemin qui mène aux dernières envies... »

« Mets ton nez, là, au creux de mon cou, y laisse un baiser doux avant de cueillir de l'hyménée le parfum... »
 





 

  Les amants séparés




 

  « Je te veux mon amie, au temps de mon demain, y aura-t-il ta main ? Car demain j'irai t'aimer sous les blancs orangers. »

« Que ton demain arrive, amant, je suis là et t'attends à la fontaine... je te donne ma main. »
 



 

 
 


« Le bel Art désormais? Savoir rester convive
À cette table où nul ne se veut indolent,
Tant la vie à son heure, ingénieuse et vive,
Fait du miracle d'Être un somptueux talent.»  

Claude Gauthier© 

   

 

  « Et comme un long linceul traînant à l'Orient,
entends, ma chère, entends, la douce nuit qui marche » 

Charles Baudelaire


 


 

  Ode©
 novembre 2007


Fin  de « Nous, les Chroniques »

 


 

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