Les Mélodies D'ô
Avec l'ivresse des sillons
d'un torrent,
Les clefs de l'amour dessinent les histoires d'ô,
Aux confins des sons troublants des eaux,
Quand la nature s'exclame en tempête: oh !
Voilà venir la mystérieuse Femme du courant . . .
Dans le coin du lit de la rivière,
Les corps en suspension des amants,
S'enlacent jusqu'au firmament
Sous l'ombre de la lune, en charmant,
Ses rayons pénétrants dans la clairière . . .
Paisiblement près d'un ruisseau
Le fil de l'eau, s'écoule
Et son amour roucoule
Quand son corps déroule
Le chant de ses soubresauts . . .
Inspirée par les envies du fleuve Rimbaud,
La belle Ô, assise sur le bord d'un promontoire,
Navigue dans la plénitude des harmonies du soir,
Pour nourrir l'allégresse infinie de ses espoirs,
Où fantasment les pensées de son âme en flambeau .
. .
Sous les jets de la douche,
Les courbes d'Ô se délassent
Avec l'élégance de ses grâces,
Devant le reflet de sa glace,
Quand un baiser se pose sur sa bouche . . .
Parfois allongée sur une plage,
Des regards songeurs la croisent,
Et ses jambes de douceur se décroisent . . .
Quand les hommes rêveurs la toisent,
La prennent-ils pour un coquillage volage ?
Mais échouée dans l'anse d'un bras de mer,
L'écume sensuelle berce son corps de déesse,
Sous l'intensité des plaisirs qui caressent
La nudité vivifiée de son île pécheresse,
Où s'engouffre l'émoi de nos tourbillons amers . . .