Garçon manqué
Je te regarde
A demi nue
Les yeux troublés
Tu portes une chemise
Trop grande pour toi
Suffisamment douce
Rien que du coton
Seule la couleur
Ne te sied guère
Coloris plus masculin
Moins féminin
Une chemise d’homme
La mienne
Quel heureux hasard
Tu l’humes
Elle sent encore
Mon odeur
Mon parfum
Mon essence
Mon être
Ma chair
Tu avais froid
Je te tiens chaud
Mon regard descend
Tu le suis aussi
Un rien impertinent
Un rien provocant
Tu veux faire
La révolution
Je ne sais pas
Si elle portera
Mon nom
Tu es sans culotte
Mais point de nudité
Juste mon caleçon
Trop large pour toi
A l’entrejambes
Une vaste plaine
Aucune colline
A l’horizon
Tu es trop curieuse
Au sortir de la couette
Tu as piqué mes fringues
Un peu partout
Dans mon placard
Tu as fouillé
Au hasard
Tu as regardé
Tu as rangé
Tu as rejeté
Tu as pris
Je te regarde
Habillée comme ça
Sous des faux airs
De garçon
Se cache
Une fille
La chemise entrouverte
Un sein qui dépasse
Tu laisses entrevoir
Le spectacle
De ta féminité
A peine dissimulée
Cachez ce sein
Que je ne saurai voir
Ta chemise
Ton caleçon
On dirait un mec
Tes cheveux longs
Coiffés en chignon
Ton sourire
Sans maquillage
Ton vrai visage
Tu caches
Ta féminité
Ta fragilité
Sous ton camouflage
Tu lâches ton héritage
Je regarde
Tes jambes lisses
Ravagées
Puisqu’épilées
Tu fouilles encore
Sur le bureau
Cette fois
A la recherche
D’une autre victime
Tu prends un paquet
Allume une cigarette
Tu fumes comme un mec
Tu as pris l’allure d’un mec
Faute quand tu parles
Tu as toujours ta voix
La voix douce
La voix féminine
La voix aigue
Celle d’une enfant
Tu fais plus jeune
Que ton âge
Une adulescente
Une adolescente
Un adolescent
La voix qui mue
On dira ça comme ça
Je t’aime pour ça
Je ne supporte pas
Les voix graves
Ni les faits graves
J’aime ta légèreté
Tu aimes ma maturité
Tu cours
Vers la salle de bains
Tu oublie la baignoire
Préfère prendre une douche
Une ombre s’agite
Derrière le rideau
Tu veux te la jouer
Homme jusqu’au bout
Décomplexée
Point d’artifice
Point de maquillage
Juste un peu de rasage
Tu m’arraches
Le rasoir des mains
Les lames coupent
Tu t’en moques
Le danger
Ne te fait pas peur
Tel un homme
Tu étales la mousse
Sur mon visage
Tu caresses ma peau
A l’aide de la lame
Tu me rases
Comme par habitude
Ou
Comme par enchantement
Je sens ta main
Tu m’effleure
Une odeur
Tu m’appliques
Un liquide
De l’après-rasage
Tu nous regardes
Cote à cote
Dans le miroir
Tu cherches
Une différence
Tu n’en vois
Pas une seule
Deux garçons
Dans la glace
Je regarde
Ta bosse
Pour me punir
Tu m’envoies
Valser
Tu me pousses
Sur une chaise
Tu mets toute ta force
Je vacille
Tu t’assois
Sur moi
A califourchon
Tu me regardes
Les yeux
Dans les yeux
Tu passes tes mains
Derrière ma tête
Je ne peux
Plus bouger
Je ne peux
Plus m’en aller
Je ne peux
Plus t’esquiver
Tu es sur moi
Je suis sous toi
Tu ouvres la bouche
Et maintenant
Qui est le garçon ?
Silence
Je t’observe
Sous tes allures
De garçon manqué
Et soudain
Tu pointes un revolver
Armée de ton EyeLiner
Tu plonges ta main
Vers mes yeux
Trop tard
Pour t’esquiver
En moins
De deux
Tu m’as refait
Un nouveau visage
Dans la glace
Un air d’ange
On dirait
Toi hier
A la même heure
Le même maquillage
Ce reflet
Je te reconnais
Etrange Métamorphose
Totale Impatience
Sans attendre
Tu pousses
Ma tête
En arrière
Tu prends à peine
Le temps
De m’embrasser
Ta langue
Cet animal furieux
Elle s’enfonce en moi
Hardiment
Sauvagement
Violemment
Bientôt
Tu m’enfourches
Comme ta moto
Tu me chevauches
Comme un étalon
Tu n’as pas peur
De faire courir
Ta monture
Si longtemps
Tu prends
Les choses en mains
Tu tiens
Les rennes
Tu m’entraines
Plus loin
Que la limite
Tu me pousses
Jusqu’à l’infini
A ton rythme
Tu frémis
Tu gémis
Tu cries
Tu cavales
Quand tu as fini
Tu t’arrêtes
De moi
Tu t’en fous
Tu me jettes
Tu préfères
Une cigarette
Chaque fois
Après l’amour
Après tu t’endors
Sans savoir
Si j’ai eu
Du plaisir
Puisque tu as joui
C’est l’essentiel
Quand je veux
Me coucher
Près de toi
Tu cries stop
Tu me repousses
Tu me regardes
Avec un air de dégout
Va te démaquiller !
Penaud Je m’exécute
Tel un chien
La queue
Entre les jambes
Tu profites
De cette dernière
Humiliation
La porte ouverte
De la salle de bains
Tu me regardes
Laver mon visage
Avec tes cotons
Ton démaquillant
Tu ressens
Une intense joie
Au fond de toi-même
Ton intérieur
Ton ventre
Te brûle
Tu contrôles
La situation
Quand je reviens
Tu me regardes
Tu as bien frotté ?
Je rougis
Tu souris
Sur le lit
Une nuisette
La tienne ?
Enfile la !
De guerre lasse
Je m’exécute
e m’allonge
Près de toi
Tu as pris
Ma place
Je prends
La tienne
De l’autre coté
Du lit
Tu éteins la lumière
Je t’entends dire
Bonne nuit ma chérie
Tu me prends
Dans tes bras
Tu me serres
Contre toi
Je sens
Tes doigts
A tâtons
Dans le noir
Tu cherches
Mes petits seins
Tu passes ta main
Sur le noir satin
Je sens mon caleçon
Sur ta peau douce
Je ne peux plus bouger
Dans les bras
De mon…
Garçon manqué !