POESIE EROTIQUE
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Pierre Corneille De Blessebois (vers 1646 - vers 1700)
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Né Paul-Alexis De Blessebois, il devient Pierre-Corneille De Blessebois en  1660,  date à laquelle il abjure, apparemment plus par intérêt que par conviction  profonde, la religion protestante de ses parents. Il fut surnommé le "Casanova du  17è siècle" ou encore le "poète-galérien". Auteur de tragédies sérieuses et  d'ouvrages licencieux, ses œuvres ont souvent un fort accent autobiographique  fondé sur une vie pour le moins aventureuse.

Ses frasques amoureuses d'homme à bonnes fortunes lui ayant rendu le séjour  impossible à Verneuil sa ville natale, il s'installe à Alençon. Il y publie en 1668  son premier ouvrage : Aventures du Parc d'Alençon et c'est de là que renaîtront  ses ennuis. Cet ouvrage relate en effet les aventures galantes de l'auteur en  égratignant sérieusement au passage la vertu des Alençonnaises et la réputation  de ses concurrents malheureux. Un de ceux-ci, le sieur Hector de Marle, investi  de la tâche de vérifier les titres de noblesse se venge en "oubliant" de faire  figurer au registre le nom de la famille de Blessebois. Blessebois tente en 1670  de lui couper l'herbe sous le pied en mettant le feu à la maison familiale de  Verneuil. Arrêté au moment où il allait passer en Angleterre, Blessebois est  emprisonné à Alençon où ses nombreuses maîtresses continuent jusqu'en prison  (!) de venir se disputer ses faveurs. "J'y ai demeuré une année, pendant  lesquelles  toutes ces gueuses-là couraient ma braguette " nous dit-il.

Libéré en 1672, Blessebois se met en chemin pour Paris et s'arrête à Sées où  l'attend une de ses maîtresses, Marthe de Sçay, à laquelle il a promis le mariage.  Dans cette ville, Blessebois signe (en rajoutant au passage la particule à son  nom) un contrat de mariage avec celle-ci. Il empoche la dot et, arrivé à Paris, il  s'empresse de la mettre dans un bordel contre argent. Celle-ci, bientôt revenue  de ses illusions, fait rendre une ordonnance de prise de corps contre son  "fiancé". Blessebois se retrouve de nouveau en prison à l'hiver 1973 où il  entreprend la rédaction du Rut ou la pudeur éteinte.

Libéré à la fin de l'été, il rédige deux ouvrages religieux puis, lors d'un séjour en  Normandie en 1674, il tue le mari d'une de ses maîtresses qui refusait de lui  payer le prix promis pour ses faveurs. Cette fois il s'enfuit en Hollande où il  reprend sa profession de gigolo et écrit Le Bordel de mademoiselle de Sçay,  tragédie en 3 actes où il exhale de nouveau sa rancœur contre son ancienne  "fiancée".

Il  retourne en France entre 1677 où à bout de ressources, il s'engage dans  l'armée de terre. À nouveau emprisonné pendant 14 mois pour avoir roué de  coups la femme et la fille d'un perruquier parisien un jour de permission, il  s'engage à sa libération dans la marine royale dont il finira par déserter.

Retrouvé et fait prisonnier en 1682, il est vendu en 1686 aux colons de  Guadeloupe avec défense de le "laisser rentrer en France sous quelque prétexte  que ce soit". Arrivé à Basse-Terre en mai 1686, Blessebois est acheté par  Marguerite la Garrigue, veuve de son état et propriétaire d'un grand domaine. Il  recommence bientôt à intriguer en se faisant passer pour sorcier, envoûtant  divers personnes, les faisant disparaître, simulant l'apparition de zombies et  diverses autres mystifications qui lui valent de nouveau la prison.

Mis en liberté provisoire, ou évadé, il n'a pas jugé bon de s'éterniser sur les lieux  de ses derniers exploits. De retour en France, il fait paraître à Rouen en février  1697 le roman Le Zombi du grand Pérou où il relate toute cette aventure. C'est  là la dernière trace que l'on ait de lui.


En savoir plus :
- Le Casanova du XVIIe siècle Pierre Corneille Blessebois, Normand par  Frédéric Lachèvre (Ed. Champion, Paris, 1927)
- Introduction à l'oeuvre de Pierre-Corneille Blessebois, essai bibliographique  par Guillaume Apollinaire (Ed. Bibliothèque des Curieux, 1912)
- De l'allusion obscène au théâtre de la débauche. Le palimpseste obscène de  Pierre-Corneille Blessebois,  essai de Sophie Houdard (Cahiers du Centre de  Recherches Historiques n° 33, Avril 2004)

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