Les Champs
Rose, partons ! voici l’aurore !
Quitte ces oreillers si doux !
Entends-tu la cloche sonore
Marquer l’heure du rendez-vous ?
Cherchons, loin du bruit de la ville,
Pour le bonheur un pur asile !
Viens aux champs couler d’heureux jours ;
Les champs ont aussi leurs amours !
Viens aux champs fouler la verdure !
Donne le bras à ton amant !
Rapprochons-nous de la nature
Pour nous aimer plus tendrement !
Des oiseaux la troupe éveillée
Nous appelle sous la feuillée.
Viens aux champs couler d’heureux jours ;
Les champs ont aussi leurs amours !
Allons visiter des rivages
Que tu croiras des bords lointains !
Je verrai sous d’épais ombrages
Tes pas devenir incertains.
Le désir cherche un lit de mousse.
Le monde est loin, l’herbe est si douce.
Viens aux champs couler d’heureux jours ;
Les champs ont aussi leurs amours !
C’en est fait ! Adieu, vains spectacles !
Adieu, Paris où je me plus,
Où les beaux-arts font des miracles,
Où la tendresse n’en fait plus !
Rose, dérobons à l’envie
Le doux secret de notre vie !
Viens aux champs couler d’heureux jours ;
Les champs ont aussi leurs amours !