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à la liste "20è siècle"
Pascal Pia, de son
vrai nom Pierre Durand, a 12 ans lorsque son père meurt à
la guerre. A 14 ans il quitte le foyer familial pour exercer divers
petits métiers. C'est au cours de ces mêmes années
qu'il entre en relation avec les milieux anarchistes et rencontre
notamment Marcel Sauvage, fondateur de la revue littéraire L'un où il signe son premier
poème en août 1920. Sauvage introduit Pia dans les milieux
littéraires et artistiques de Paris, il y rencontre Georges Gabory, Louis Aragon, Paul
Eluard, Antonin Artaud, Jean Cocteau
et André Malraux.
Pascal Pia s'engage alors dans l'ombre
littéraire, refusant de signer toute oeuvre personnelle de son
pseudonyme
public et préférant chercher des oeuvres
érotiques oubliées ou
écartées dans l'Enfer de la Bibliothèque
Nationale. Il y côtoie
un grand nombre d'érudits également grands amateurs
d'érotisme : Frédéric Lachèvre, Fernand Fleuret ou Louis Perceau. Dans
ce jeu de
masques, il ajoute même de sa plume quelques vers
ou
poèmes entiers à la production sulfureuse des Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire ou Radiguet qu'il publie. Par exemple le
poème La
serveuse de Rimbaud est semble-t-il l'oeuvre de Pia.
En 1926 il rencontre Suzanne Lonneux, en Belgique. Tous les deux se
marient en 1927. Dès lors, Pascal Pia recherche une certaine
stabilité professionnelle et se tourne vers le journalisme. En
1938, il créer en Algérie le journal L'Alger républicain.
tentative de "journalisme coopératif, dégagé des
puissances d'argent et des inféodations politiques". Il recrute
des journalistes, dont un jeune homme de 25 ans nommé Albert
Camus. Devant faire face à la censure imposée par
l'administration coloniale, Pascal Pia est contraint de retourner
à Paris en 1940.
A l'arrivée des troupes allemandes et en fidèle
habitué de la clandestinité, il échappe
à la mobilisation et rejoint la zone non occupée
où il
lançe la courte mais influente carrière littéraire
d'Albert Camus, tout en participant activement à l'organisation
de la résistance par le biais de la création de la revue Combat.
Avec les années 50, Pia retrouve le monde des livres. Peu avant
d'être élu au Collège de Pataphysique en 1953, aux
côtés de Raymond Queneau,
Jacques Prévert ou
Max Ernst, il reprend ses activités d'éditeur et consacre
les vingt dernières années de sa vie à des travaux
interminables de recherche et de critiques littéraires.
Bibliographie érotique
:
- La Muse en rut et autres
poèmes, 1928
- Les Livres de l'enfer, du XVIe
siècle à nos jours, 1978
- Dictionnaire des œuvres
érotiques, 2001
La muse en rut
I
Ondine encor toute trempée
Puissé-je te montrer un jour
Les coquilles de mon épée
Rompue aux fentes de l'amour.
Amour, ô dangereuse escrime
Où Priape est passé prévôt,
Je me consacre à tes travaux
Sous l'enseigne Aux amis du crime...
Les filles étaient sans-culottes
Aux sombres jours de la terreur;
Je veux qu'ouvrant la bouche en couer
Ce soit toi qui me décalottes !
in
Complément au
bouquet d'orties, Poésies de Pascal Pia
dérobées à l'auteur (1924 - Bruxelles - Librairie
Particulière, tiré à 30 exemplaires)
Re-publié par JJ Pauvert dans son Anthologie des lectures érotiques
en 1979
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