POESIE EROTIQUE
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Patrick Simon - Correspondance avec Céline

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La très poétique et torride correspondance de Céline et Patrick

extraite du recueil :


" FRACTALE 2000 - 2001 "


La poésie est fractale dès lors que son objet naturel a une géométrie dont ses parties ont la même forme ou structure que l'ensemble, à ceci près qu'elles sont à une échelle différente et peuvent légèrement être déformées. Les poèmes ainsi représentent des formes fragmentées de la pensée, issues peut-être du chaos de l'esprit et des sens. Mais en transparence, ne sont-ils pas le fruit d'un ensemble unique ?

© Patrick Simon


D'un bout à l'autre de l'hémisphère nord

D'abord apparurent deux yeux à la rencontre d'un regard, le mien.
Ensuite vint l'éclat de ses yeux, clairs comme l'eau.
Dans leur brillance j'ai reconnu un être bien dans sa peau.
Une peau nacrée dont déjà j'aimerai frôler la douceur au petit matin.
Malicieusement, à la table de la vie, nous voilà invités,
Chacun imaginant l'autre, s'étourdissant de doux rêves sur une balancelle.
Je devine sous l'ombre d'un pli de ta robe le creux de tes aisselles.
J'aimerai sentir mes doigts vagabonder dans ton cou délimité
Par la soie de tes cheveux, mi-longs, courts peut-être,
Au gré du vent ou de mon souffle tiède.
Qu'en penseras-tu ?

Mon doux poète

votre poésie, si troublante
m'enivre, me flatte, me caresse,
un voile de larmes tamise ma vue
Non ! point de tristesse
mais de délices
l'émotion monte en moi
les mots se forment... se déforment
les mots........
je n'ai pas de mot pour les décrire
je préfère les savourer......
me délecter du pouvoir qu'ils exercent sur moi
....en moi.
Ah ! mon doux poète
Quel plaisir vous me faites !
Voilà ce que je répondrais
Doux baiser

Me voilà encore à me pencher
Sur votre photo qui s'ouvre sur l'écran, tel un écrin.
J'ose à nouveau vous toucher.
Je suis les arrondis des perles sur votre cou qui ne craint
Ces caresses, qui s'y prête.
J'accompagne vos gestes, vos mouvements
Au festin de la vie. Et vous êtes
Là, en silence ou murmurant
Les mots qui ne peuvent venir.

Oserai-je...
Formuler ces mots...
Ces mots qui me viennent...
Qui me font sentir si femme
À travers les vôtres
Si désirable à vos yeux
À vos yeux de poète
À vos yeux d'homme
Votre regard si profond
Me détaille, me devine
Vos caresses, si douces, si sages
M'effleurent, me câlinent
Troublée, je m'y laisse prendre
Avec volupté.
Oserai je...
Mon doux poète
Vous faire-part de mon émoi...

En silence, vers toi je flâne.
Sur l'image je découvre ta peau diaphane.

Avec ma bouche j'y poserai des baisers ovales,
En cavale, comme un récital.
Oserai-je… ? Oui en bravant les scandales.
Ces baisers iront partout, de dédales en lignes médianes,
Imaginaires en prenant escale
Là où ton geste me guidera, même frugal.
Mes lèvres à l'horizontal
Iront sur toi, en amont, en aval,
Dans un val probablement natal.
Leur souffle sera floral, voire buccal
Et ira jusqu'à toi aux aurores boréales.
Me voilà avec toi comme dans un bal
Aux odeurs de santal, de roses sans rival.
Nos corps joueront sur ces danses orientales
J'aurai alors comme une fringale
Profane de chaque parcelle de toi.
Comment sera ce virtuel émoi ?

Mon poète bien-aimé,
Votre missive me grise
Le voudrais-je.....
Que je ne pourrais résister à votre approche
Sensuelle, remplie de promesses
Savourant à l'avance l'accomplissement
De mes rêves les plus fous
Je sens déjà....

Votre souffle tiède sur ma nuque offerte
Vos lèvres qui la touchent
Caressant ma peau fine
Sentez-vous le tourment qui habite mon corps
Votre bouche brûlante
Vos baisers enflammés
Me rendent folle...
Folle de désir...
Folle du désir de vous appartenir
Oui, je vous guiderai
Dans une danse endiablée
Au-delà des frontières qui nous séparent
Vers chaque parcelle de mon corps
Encore inconnue de vous
Venez à moi
Mon poète bien-aimé
Venez apaiser le feu qui me consume...

Comment te décrire toutes ces sensations ?
Connues non pas en virtuel
Mais en s'accompagnant à l'unisson
Par nos caresses qui n'eurent rien de conceptuel ?
Nos gestes guidés par l'autre, dans un même temps,
Le frôlement de ton corps par le mien interposé,
Nous nous sentions au même instant
Amourachés, emmenés, enlacés, emmêlés.

Je te les déclinerai ainsi :

Comme une lame de fond,
En nos corps surgissait
L'émoi de la paume de la main au tréfonds
Intérieur, au creux du ventre qui tressautait.
Nous nous sentions les moussaillons
Emerveillés de nos gestes si précis

Pourquoi hantez-vous ainsi mes nuits… mes nuits agitées
Sur ma couche vide……. me languissant de votre absence
Je recherche mon plaisir, alimentant mes sens
De votre présence, imaginaire peut-être,
Mais combien réelle sous mes doigts
Mon corps, affamé, agité, allumé, émoustillé
Vous réclame à grands cris
Quelle force vous habite pour me troubler ainsi ?
Comment pourrais-je trouver le repos
Quand mon corps se tend vers vous
Sans pouvoir vous atteindre
Toutes les fibres de mon corps
Revendiquant vos caresses les plus osées
Vos lèvres tendres………Vos mains habiles…..
N'y tenant plus…
Telle une nymphe
Je m'accroche à un nuage
Je vole, je plane, je tourbillonne, mais je tiens bon
Je rase les forêts, les villages et les flots, vers vous
Bravant vents et marées
Vous m'espérez… le regard accroché aux étoiles
Mon corps nu drapé d'un voile opalin, vaporeux, suave,
Voltige, flotte vers vous
Une volée d'hirondelles me dépose à vos pieds
Nos regards se confondent
Nos lèvres se cherchent
Nos corps à l'unisson se fondent
Dans une valse frénétique
Là-haut sur la montagne jurassienne
Surplombant les plaines de la Saône
Là où enfin, je vous appartiendrai…..

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