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Paul-Jean Toulet
perd sa mère à sa naissance et, tandis que son
père gagne l'île Maurice, il est confié à un
oncle. Il rejoint l'île Maurice à l'âge de 18 ans et
pour trois ans, puis séjourne un an à Alger où il
publie ses premiers articles et s'essaye au théâtre.
Il arrive ensuite à Paris (1898) où il se forme
véritablement au métier d'écrivain, sous la
tutelle d'Henry Gauthier-Villars dit Willy (ex-mari de Colette), dont
il est l'un des nombreux nègres (pour Les
tendres ménages par exemple). Il
fréquente les salons mondains, travaille beaucoup, voyage et se
livre à divers excès, dont l'opium (voyage en Indochine
en 1902).
"Filles de la
fumée, à qui l’aube décente
Rougit de voir le jarret nu, la main pressante."
(Contrerimes - dixain n°76)
Il
quitte définitivement Paris en 1912 pour s'installer chez sa
sœur, près de Libourne, puis à Guéthary (pays
Basque), où il se marie, peu avant de tomber gravement malade.
Les fameuses Contrerimes, que
l'auteur avait dispersées dans des revues et dans le corps de
ses romans, sont réunies en 1916, mais ne sont publiées
que quelques mois après sa mort, le recueil comporte des
contrerimes, chansons, dixains et coples. La contrerime est une forme
poétique que Toulet a pratiquement créée. Cette
forme est en effet très rarement utilisée dans l'histoire
poétique, on en trouve trace cependant chez Leconte de Lisle.
Hormis ses poèmes et quelques pièces
de théâtre, Paul-Jean Toulet a laissé deux romans :
La Jeune Fille verte
(1901) et Mon Amie Nane (1905)
qui trace le portrait, empreint d'érotisme, d'humour et de
mélancolie, d'une demi-mondaine de la Belle époque ;
ainsi qu'une longue correspondance avec Claude Debussy. Sur sa
vision des femmes, on consultera le chapitre I "Les femmes et
l'amour" du Carnet de M. du Paur.
Il fut reconnu comme un maître par les jeunes poètes de
l'Ecole Fantaisiste tels Jean Pellerin
et Léon Vérane.
Ses Œuvres
complètes ont été réunies en 1986
par Bernard Delvaille aux éditions Robert Laffont
Femme fleur © Max Szoc Leuven
(1980)
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