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à la liste "20è siècle"
Instigateur
et théoricien du surréalisme en Belgique, Paul
Nougé est connu comme le «Breton belge».
Né d’un père français et d’une
mère belge, Paul Nougé suit l'enseignement du
lycée français de Bruxelles puis s'engage en 1909 dans
des études de chimie biologique et travaille de 1919 à
1953 comme biochimiste dans un laboratoire médical. En 1914, il
épouse la jeune musicienne Paule Deschamps et est, en 1919,
membre fondateur du premier Parti communiste belge.
En novembre 1924 il crée la revue Correspondance qui publie des tracts s’en prenant aux "bons auteurs" de l'époque. En 1925, il rencontre Louis Aragon, André Breton et Paul Éluard.
Avec René Magritte, dont il préfacera différentes
expositions, il ébauche la constitution d’un groupe
surréaliste à Bruxelles, bien qu’il éprouve
beaucoup de méfiance vis-à-vis des théories de
l'inconscient et de l'écriture automatique prônées
par les surréalistes français. Au-delà de cette
opposition, il partage en effet la même utopie
révolutionnaire, qui est de conquérir, tantôt par
la poésie, tantôt par une action politique radicale, un
champ de liberté totale pour l'esprit, contre les valeurs de la
bourgeoisie. En 1928 il fonde la revue Distances, puis se lance dans la photographie (ses œuvres photos seront publiées en 1968 sous le titre Subversion des images).
Mobilisé en 1939 comme infirmier militaire, il continue à
être actif sous le pseudonyme de Paul Lecharantais et
à collaborer avec son ami Magritte. En 1941, il commence
à écrire son Journal, dont la rédaction se poursuivra jusqu'en 1950. En 1952, Nougé invente un jeu d'écriture : Les Cartes transparentes et en 1953 il écrit un de ses plus beaux textes poétiques : Esquisse d'un hymne à Marthe Beauvoisin. En 1955, il commence une nouvelle vie avec Reine Leysen, qui devient sa troisième épouse.
Partisant d'une poésie éphémère, son
oeuvre personnelle aurait disparu si son ami et éditeur Marcel
Mariën n’avait pas publié, dans sa revue Les lèvres nues, son oeuvre théorique sous le titre Histoire de ne pas rire (1956) et rassemblé son oeuvre poétique sous le titre L'expérience continue (1966). Ces deux ouvrages ont été réedités en 1980-81 aux éditions L'Âge d'homme (Lausanne). Ses textes sulfureux ont été réunis sous le titre Erotiques en 1994 (Ed Didier Devillez, Bruxelles) : on y trouvera notamment des textes non repris, ou de manière incomplète, dans les éditions précédentes.
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