POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Paul Scarron (1610-1660)
Accueil
Retour à la liste "17è siècle"

Issu de la noblesse, septième enfant de Paul Scarron, conseiller au Parlement de Paris, et de Gabrielle Goguet, arrière-petite-fille d’un avocat qui fut ami de Rabelais, il entre dans les ordres en 1629. Dès 1632 il fréquente les salons littéraires et les clubs libertins du Mans, où il réside. En 1638, il est atteint d'une maladie qui finit par le rendre bossu et paralysé des jambes. Il commence à écrire ses premières œuvres à partir de 1643.

En 1652, il s’installe à Paris épouse une orpheline sans fortune âgée de seize ans et demi, Françoise d'Aubigné, petite fille d'Agrippa D'Aubigné, qui lui apporta "deux grands yeux forts mutins, un très beau corsage, une paire de belles mains, et beaucoup d’esprit". Il ouvre alors un salon "Le Salon Jaune", dans le quartier du Marais, qui sera bientôt couru par tous les mondains et intellectuels des arts et des lettres.

Son œuvre est marquée par le genre burlesque, un verve mordante et malicieuse, que ce soit dans sa poésie vive et pleine d’esprit (Recueil de quelques vers burlesques – 1643, Virgile travesti – 1652), dans ses comédies pour le théâtre (Le Typhon – 1644, Jodelet ou le Maître valet - 1645, et La Fausse Apparence - 1657), ou le genre romanesque (Le Roman comique – inachevé - qui décrit la vie des comédiens ambulants).

Il décède à l'âge de 50 ans, laissant veuve et sans fortune, Françoise d'Aubigné qui devint quelques années plus tard Madame de Maintenon et seconde épouse " secrète " de Louis XIV. En effet, elle a en 1669 accepté la charge de gouvernante des enfants illégitimes du Roi et éleva notamment Louise Françoise De Bourbon.




Pour Madame ***


On ne vous verra plus en posture de Pie
Dans le Cercle assoupie :
Au grand plaisir de tous et de votre jarret,
Votre Cul, qui doit être un des beaux Culs de France,
Comme un Cul d'importance,
A reçu chez la Reine enfin un tabouret.

Comme on connaît souvent une chose par l'autre,
Du Cul comme le vôtre
J'ai connu le destin voyant votre beau Nez ;
Et sans être Devin, j'ai prédit que, sans doute,
Ce Cul qui ne voit goutte
Serait vu dans le rang de nos Culs couronnés.

Notre Reine, Princesse aussi juste que sage ,
N'a pu voir davantage
Un Cul plein de mérite et très-homme de bien,
Tandis que d'autres Culs sont assis à leur aise
Au côté de sa Chaise ,
Debout, ou mal assis comme un cul bon à rien.

Ce Cul de satin blanc , dont sans doute la face
Ne fit jamais grimace,
DevAit assurément être un Cul Duc et Pair ;
Car qu'aurait-on pensé de ce qu'un Cul si sage ,
Qui vaut bien un Visage ,
N'eût pas eu, chez la Reine, où reposer sa chair ?

Que les Hommes n'ont pas pareille Destinée !
Et que vous êtes née
Sous un Astre puissant et favorable aux Culs !
Tandis que le vôtre est, près de ceux des Princesses,
Assis sur ses deux Fesses,
Le nôtre n'est assis que sur deux os pointus.



Note : ces vers sont dédiés à Marie D'Haultefort lorsqu'elle fut élevée au rang de duchesse


in Oeuvres  (Ed. J-F. Bastien, 1786 - Volume 7: Poésies diverses,  p. 257-261)




Contact
Mes poèmes coquins
Auteurs contemporains
Auteurs anciens
Amateurs éclairés
Anonymes
Chansons érotiques
Citations & Bibliographie
Tantra
Liens

Copyright © Cyr