Les deux pommes
I
Échappant à sa mère qui la surveillait,
Une bien douce enfant m'offrit deux jolies pommes
Fraîches comme la rose : elle avait distillé
Un charme dans ces fruits, le charme des amours !
Ô malheureux amant, une flamme t'entoure !
Hélas, mes paresseuses mains
Portent ces fruits et non la grâce de ses seins.
II
Gamine, tu m'as fait cette suave obole :
Ces deux pommes qui sont de tes seins le symbole.
Oui, j'apprécie vraiment. Mais c'est un peu léger
Si tu n'évolues pas car je suis submergé
Par un feu frénétique et qui ne s'éteint point.
Or, celui qui blessa Télèphe prit le soin
De le guérir. Aussi, dois-tu, jeune visage,
Ne pas être plus dur que notre personnage
Note : Selon la mythologie grecque,
Dionysos aurait créé la pomme pour l’offrir
à Aphrodite, sa maîtresse. Dès lors, la pomme
est considérée comme un cadeau amoureux.
- in Livre V
de
l'Anthologie Palatine - traduction
de Philippe
Renault, poète et traducteur.