Soupir du samedi onze
PUISSE ton coeur, ce soir, silencieuse absente,
Te souffler de ces mots dont je t'ai dit plus d'un,
De ces mots dits si près qu'ils prenaient ton parfum
A même ta chair tiède et sur moi trop puissante.
Oui, c'est moi ; tu m'entends dans l'azur étranger...
Laisse un peu tes yeux perdre un peu du paysage
Et ferme-les, pour voir vaguement ce visage
Où tu voyais l'esprit en amour se changer.
DEMAIN... C'était le jour de nos pleines caresses...
J'accourais... J'attendais, pâle, que tu paraisses
Tendrement souriante au seuil de ta maison...
Oh ! que le diable emporte et Maroc et le Monde,
Quand il était si doux de perdre la raison
Sur des bords plus vivants que le désert et l'onde !
in Corona et Coronilla
(Ed. Fallois, 2008 - p. 57)