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à la liste "19è siècle"
Cortège
Un singe en veste de brocart
Trotte et gambade devant elle
Qui froisse un mouchoir de dentelle
Dans sa main gantée avec art,
Tandis qu'un négrillon tout rouge
Maintient à tour de bras les pans
De sa lourde robe en suspens,
Attentif à tout pli qui bouge,
Le singe ne perd pas des veux
La gorge blanche de la dame,
Opulent trésor que réclame
Le torse nu de l'un des dieux;
Le négrillon parfois soulève
Plus haut qu'il ne faut, l'aigrefin.
Soit fardeau somptueux, afin
De voir ce dont la nuit il rêve,
Elle va par les escaliers,
Et ne paraît pas davantage
Sensible à l'insolent suffrage
De ses animaux familiers.
Nota :
dans Lumières sur les
Fêtes galantes de Paul Verlaine, Jacques-Henry Bornecque
écrit que ce poème "est à un détail
près [le singe est un chien] la transcription colorée de
l’eau forte 28 du recueil de Dinaux [gravure de W. Marks d’après
Watteau - 1850], intitulée Le
Baisé rendu. On peut aussi rapprocher ce poème du
tableau Le singe sculpteur de
Watteau lui-même.
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