Née dans une famille noble et elle épouse en 1538 un Du Guillet. Elle rencontre le poète
Maurice Scève
au printemps 1536 ; il a trente-cinq ans et elle seize. Elle devient
son élève. Leur amour impossible devient la source
d'inspiration de ses poèmes.
« Puis qu'il t'a plu de me faire connaître,
Et par ta main, LE VICE A SE MUER*,
Je tacherais faire en moi ce bien croître,
Qui seule en toi me pourra transmuer : »
(in Rymes, V)
* anagramme de Maurice Scève
De son côté, Maurice Scève a publié
Délie, un recueil de poèmes qu'il lui dédie sans la nommer expressément.
Quelque uns des poèmes de Pernette Du Guillet ont paru de son
vivant (1540-41) et ont été mis en musique. La
quasi-totalité furent publiés post-mortem par son mari en
1545 sous le
titre
Rymes de gentille et vertueuse dame. Pernette Du Guillet mourut à 25 ans lors d'une épidémie de peste.
IXX
Je te promis au soir que, pour ce jour,
Je m'en irais à ton instance grande
Faire chez toi quelque peu de séjour :
Mais je ne puis...par quoi me recommande,
Te promettant m'acquitter pour l'amende,
Non d'un seul jour, mais de toute ma vie,
Ayant toujours de te complaire envie.
Donc te supplie accepter le vouloir
De qui tu as la pensée ravie
Par tes vertus, ta grâce, et ton savoir.