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Philippe
Desportes, né dans une famille de négociant de la riche
bourgeoisie, reçoit une éducation soignée, fait de
solides études classiques, prend la tonsure et s'engage dans la
carrière ecclésiastique. Il devient secrétaire de
l'évêque du Puy qu’il accompagne à Rome où
il se sensibilise à la poésie de Pétrarque dont
l’influence marquera fortement son œuvre.
De retour en France en 1567, il gagne, en le
flattant habilement, la faveur du duc d’Anjou, le futur Henri III ; il
se pousse avec adresse dans les salons influents et dans les bonnes
grâces de personnages haut placés. C’est le début
d’une carrière de courtisan, dans les salons
influents et dans les bonnes grâces de personnages haut
placés, et d’écrivain réussie.
1573 : date
charnière... Le duc d’Anjou succède à Charles IX,
Desportes devient poète officiel et est comblé d'honneurs
et de biens (plusieurs abbayes en particulier), éclipsant la
gloire de Ronsard qu'il remplace
à la cour. C'est l'année de l'édition de ses Premières Œuvres,
comportant les Amours de Diane,
(Diane de Cossé-Brissac, sa première maîtresse, qui
lui inspira le goût de la poésie érotique et qui
fut tuée par son mari quand il l'a surprit avec son amant) et
les Amours d’Hippolyte (sa
seconde maîtresse, Marguerite de Valois, femme d’Henri de
Navarre). En 1583, Desportes fait rééditer ses Premières Oeuvres, en les
augmentant des Amours de
Cléonice (sa troisième maîtresse)
Sa poésie
amoureuse est d’une douceur baroque qui contraste singulièrement
avec la «fureur» de la Pléiade et la violence d’une
époque troublée. Son oeuvre est alors typiquement celle
d'un poète de cour. Il fut l'ami d'Héliette
De Vivonne.
Mais par la suite, sous le règne d'Henri
IV, il se tint plus à l'écart de la vie de cour, laissant
la place à d'autres auteurs, comme Malherbe. Il finira ses jours dans de
luxueuses retraites, jouissant paisiblement de ses confortables
revenus, protégeant et accueillant les jeunes poètes et
cultivant sur le tard la poésie religieuse… Le poète Mathurin Régnier, son neveu, se
vera en guise de testament, chargé de défendre son oeuvre.
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