C'est à bon droit, belle main, que je dois
Vanter, priser, chérir ta bonne grâce ;
Par ton secours aisement je me passe
D'un sexe ingrat, sans amour et sans foi.
En m'ébattant un quart d'heure avec toi,
Le feu d'amour je convertis en glace ;
Malgré leurs dents les plus fières, j'embrasses
Et fais cornu l'empereur, et le Roi.
Argent ni temps ne me faut point dépendre,
Nouveaux muguets ne me font point attendre,
Mon temps je passe, et suis chaste tenu ;
Tu m'affranchis de chancre et de vérole,
De maître Ambroise, et de maître Nicolle, (1)
Et le gayat (2) par toi m'est inconnu.
(1) référence à des médecins, le premier étant sans doute le chirurgien Ambroise Paré
(2) bois des Indes dont la décoction soigne les maladies vénériennes
in La Muse lascive -
Anthologie de la
poésie érotique et pornographique française
(1560-1660)" - établie par Michel Jeanneret (Ed. José
Corti, 2007 - p. 270)