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Peintre,
sculpteur, imprimeur, romancier, dramaturge, poète.
Pierre Albert-Birot arrive à Paris vers 1896, année de
ses 17 ans où il épouse Marguerite Bottini, avec laquelle
il aura quatre enfants. Il s'inscrit à l'École des
Beaux-Arts. En même temps, il écrit, souvent des
poèmes. Et, à partir de 1900 il travaille comme
restaurateur d'objets d'art chez un antiquaire, travail qu'il gardera
jusqu'en 1950.
Le premier ayant sans doute été contracté un peu
jeune, il se marie une seconde fois en 1913 avec la musicienne Germaine
de Surville (Elle meurt en 1931, il ne se remarie qu'en 1962 avec
Arlette Lafont qu'il a rencontré en 1955 et qui sévit
dans le surréalisme).
C'est à cette époque (1915) qu'Albert-Birot se
déclare enfin et se métamorphose de façon
radicale. Tout commence avec une grande peinture abstraite à
laquelle il consacre tous ses efforts pendant plus d'un an, Guerre, et avec le lancement de
sa revue SIC dont le propos
essentiel était de s'opposer à ce qu'il nommait "l'odieux
réalisme". De 1916 à 1919 la revue va être le
carrefour de la modernité européenne : Apollinaire,
Reverdy, Aragon, Radiguet, Tzara, Picabia..., mélant
écriture et arts plastiques.
"Que vas-tu peindre
ami ? L'invisible.
Que vas-tu dire ami ? L'indicible
Monsieur car mes yeux sont dans ma tête.
- N'ayez pas peur, c'est un poète."
(in Trente et un Poèmes de
poche)
Albert-Birot
délaissera alors peinture et sculpture pour se consacrer
abondamment à l'écriture, cependant que la forme visuelle
de sa poésie restera toujours très importante, comme en
témoignent ses poèmes-paysages qui n'ont rien à
envier aux Calligrammes de
son ami Apollinaire.
Poésie, théâtre, cinéma, prose, Albert-Birot
s'essaye à tous les genres. En 1929, il crée son propre
et éphémère (par manque de moyens)
théâtre Le Plateau.
Il rêvait d'un théâtre qui serait proche du cirque
et où les acteurs joueraient comme des acrobates et jongleraient
avec les mots, ces mots qu'il lance comme des fusées de feu
d'artifice :
"Pierre
Albert-Birot est une sorte de pyrogène
Si vous voulez enflammer des allumettes
Frottez-les donc sur lui
Elle ont des chances de prendre
Trop peu de pyrogènes aujourd'hui
Mais je ne dis rien des allumettes."
(Préface
d'Appolinaire aux Trente et un
poèmes de poche)
Son œuvre majeure
demeure sans doute l'énorme épopée des Six Livres
de Grabinoulor, son
héros imaginaire, "double mythique et verbe poétique
incarné", écrite au long de cinquante années et
dont l'intégrale - 1000 pages si tassées qu'elles en font
bien 2000 - ne fut publiée qu'en 1991 aux éditions
Jean-Michel Place.
Poèmes à la chair
Extraits de
Grabinoulor
(Livre I - 1921)
Le nombril
par Pierre Albert-Birot (1913-1914)
Paris, Musée national d'Art moderne - Centre Georges Pompidou
(C) Photo CNAC/MNAM Dist. RMN -
©Jacqueline Hyde
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