J'aime, dedans un bois,
à trouver d'aventure,
Dessus une bergère un berger culletant,
Qu'il attaque si bien, et l'escarmouche tant,
Qu'ils meurent à la fin au combat de nature.
J'aime à voir dans les champs, non la belle peinture,
Mais un bellier cornu sa femelle foutant,
Et le bouc échauffé, sur la sienne montant,
Par un si doux plaisir oublier sa pâture.
J'aime à voir, dans un pré, à un pareil effort,
Le taureau qui se joint à la vache, si fort
Qu'il voudrait, s'il pouvait, la percer d'outre en outre.
Le foutre est à mes yeux un printemps diapré,
Au coeur un paradis, mais si je ne vois foutre,
Je n'aime point ni champs, ni campagne, ni pré.
Reccueilli en 1622
par l'éditeur Antoine de Sommaville dans sa Quint-Essence satyrique
suite du Parnasse satyrique de
Théophile de Viau