Pierre
Chabert est né en 1914. Tandis qu’il effectue sa
carrière de professeur de lettres au lycée
d’Avignon, il collabore régulièrement avec les
revues la Tour de Feu, Poésie 1, Le Pont de l’Epée et Les hommes sans épaules.
Pierre Chabert est un tendre féroce, il sait jeter sur les
choses un regard lucide et ironique, en « résistance
offensive ». Un poète pour qui « la raison /
c’est d’accepter / la déraison ».
On lira avec un plaisir roboratif ses recueils Les Sales Bêtes (Ed. Chambelland, 1968) et Un octogénaire plantait
(Librairie-galerie Racine, 1998) qui sont des petits bijoux de fables
facétieuses et acérées où le vers court et
vif nous jète du rire au drame en des danses surprenantes.
On lui doit d’autres recueils chez Chambelland et aussi un essai
sur la poésie, l'amour et la mort (2001). Je perds sa trace en
2003, peut-être est-il toujours de ce monde, et le restera de
toute façon aux travers de ces écrits...
Le corps comme une clé
pour ouvrir l'autre corps
de sorte que voici
tout est devenu clair
tout serait devenu
clair si le corps était
autre chose qu'un corps
fait de terre et de nuit
autre chose que la
nuit à peine échappée
à ses rêves de feu
Le corps comme une clé
pour ouvrir l'éternel
le corps net et lavé
sur les sables de nuit
© Pierre Chabert
in Arambes (Ed. Chambelland)