Pierre Corneille
est l'aîné de six enfants d'une famille noble et
aisée. Au collège jésuite de sa ville natale,
Rouen, il découvre la rhétorique latine, les héros
de l'Antiquité et le théâtre.
En 1629, un amour malheureux l'amène à
rimer des poèmes, puis à écrire sa première
comédie, Mélite.
Les sept années suivantes, il fera jouer Clitandre, la Veuve, la Galerie du Palais,
la Suivante, la Place Royale, Médée et l'Illusion comique.
Leur succès vient de leur construction sur le thème de
l'amitié trahie par l'amour (de l'aveuglement à la folie)
et surtout de sa transposition dans l'univers urbain : au lieu de
bergers, le théâtre met en scène, pour la
première fois de manière plausible, la
société.
Corneille n'accepte pas la subordination du
théâtre à la politique, ni le rôle de
poète officiel du régime pour lequel il a
été sollicité dès 1633 par le Cardinal
Richelieu. Après la mort du Cardinal il s'engage dans le combat
politique pour le maintien d'une monarchie où le roi cesse
d'être une inaccessible idole. La dramaturgie espagnole est alors
pour lui le moyen d'exprimer la possibilité baroque de faire
voir dans un héros plusieurs êtres : le roi, l'homme,
celui qui ne se sait pas roi... débouchant sur la remise en
question de la royauté. Le théâtre musical lui
permet également d'innover et de collaborer avec Molière.
Mais, en concurrence avec Racine, Corneille choisit
un pathétique de l'exemplaire très marqué par la
Fronde et dominé par l'émergence du héros noble
qui déplaçe sa vision de la tragédie du moi
héroïque par amour-propre (caractéristique de ses
oeuvres avant Le Cid) vers le
problème de la succession au trône. Corneille
s'éloigne alors peu à peu du public jeune et
désireux d'émotions humaines qu'il avait jusqu'alors
conquis.
Sans trop
d'illusion sur son pouvoir de séduction, il écrivit :