Pierre-Ambroise-François
Choderlos De Laclos est entrée dans l'armée à
l'âge de 18 ans et n'en est plus ressorti, gravant tous les
échelons pour finir Général sous le Directoire.
Durant ses nombreux temps libres en garnison, il se met à
l'écriture. Fervent admirateur de Jean-Jacques Rousseau, ses
premières pièces écrites en vers légers
sont publiées dans L'Almanach
des Muses. Il fait également paraître en 1777 un
opéra-comique : Ernestine.
Mais cet officier est surtout connu pour être l'auteur scandaleux
en 1782 des Liaisons
dangereuses. Il en commence l'écriture en 1778 et publie en
1782, Le succès est immédiat et fulgurant.
Son projet phare était de "faire un ouvrage qui sortît de
la route ordinaire, qui fît du bruit, et qui retentît
encore sur la terre quand j'y aurais passé" ; de ce point de vue
il a largement atteint son but, car la renommée de ce livre est
mondiale. Il y met en scène les nombreuses humiliations qu'il
estime avoir subies toute sa vie, de la part des aristocrates, ainsi
que de femmes qu'il pense inaccessibles, sorte de vengeance et de
thérapie par l'écriture qui a inspiré un
très grand nombre de travaux critiques et analytiques, ainsi que
de pièces de théâtre et de films.
La publication de cet ouvrage sulfureux, considéré comme
une attaque contre l'aristocratie, est jugée comme une faute par
son commandement. Il est envoyé à La Rochelle en 1783
pour participer à la construction du nouvel arsenal. C'est
là qu'il fait la connaissance de Marie-Soulange Duperré,
qu'il séduit et qui rapidement attend un enfant de lui. Il a 42
ans, elle seulement 24, mais, réellement amoureux, il
l'épousera en 1786 et reconnaîtra l'enfant. Marie-Soulange
sera le grand amour de sa vie et lui donnera deux autres enfants.
Cette rencontre lui aura aussi permis de développer des vues
plutôt féministes sur l'égalité des sexes et
l'éducation donnée aux jeunes filles. Dans un texte
resté inachevé Des
Femmes et de leur éducation (1783), il dénonce
l'éducation donnée aux jeunes filles qui ne vise alors,
selon lui, "qu'à les accoutumer à la servitude, et
à les y maintenir".
La Révolution qui éclate est enfin pour lui l'occasion de
vivre intensément. Il quitte le duc d'Orléans pour les
troupes de la jeune République et met alors au point, lors
d'expériences balistiques, un "boulet creux" chargé de
poudre... Laclos est donc l'inventeur de l'obus ! Mais il fait la
connaissance du jeune général Napoléon Bonaparte
et se rallie à ses idées. Il meurt dans une campagne au
sud de l'Italie.