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"16è siècle"
Enigme I
Je ne puis qu’à regret déclarer qui je suis,
Car mon nom, dont aucuns tiennent assez de conte,
Me fait, en y pensant, quasi rougir de honte,
Tant il ressent cela que dire je ne puis.
A qui veut me toucher je donne assez d’ennuis :
J’ai la bouche fort grande, et si bien peu je monte.
Ma lèvre, en sa rougeur, le chaud brasier surmonte,
Et suis noir jusqu’au bord de mon large pertuis.*
La chaleur bien souvent si fièrement m’allume
Qu’elle me fait jeter une baveuse écume,
Blanche, fumeuse, grasse, et coulante au-dehors,
Laquelle, sans cesser, en moi toujours augmente.
Jusqu’à ce que la dame, ou bien quelque servante.
Me mette un chose dur, roide et long dans le corps.
Réponse :
Le pot sur le feu.
* toponyme qui désigne un lieu de passage étroit, comme un col de montagne
Enigme II
Je vis, ces jours passés, une fort belle garce,
Négligemment coiffée, assise sur du foin,
Ayant les deux genoux l'un de l'autre si loin
Qu'ils occupaient quasi deux ou trois pieds d'espace.
Ses cuisses elle ouvrait d'une tant bonne grâce,
Qu'entre deux on voyait, vers le haut, en un coin,
Un trou large et ouvert à y mettre le poing,
Mais qui faisait, ce semble, assez laide grimace.
Joyeuse, elle tenait, à belles pleines mains,
Un chose gros et long d'un quartier pour le moins,
Qu'elle mettais dedans, d'une mine assurée ;
Et remuant toujours, tant elle le pressait
Que jamais en repos elle ne le laissait
Qu'une douce liqueur elle n'en eût tirée.
Réponse :
Une fille du village qui pile des herbes dans un mortier.
in La poésie érotique, anthologie réunie par Marcel Béalu (Ed. Seghers, 1971) p.74
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