Petit nombril, que mon penser adore,
Et non mon oeil qui n'eut onques le bien
De te voir nu, et qui mérites bien
Que quelque ville on te bâtisse encore ;
Signe amoureux, duquel Amour s'honore,
Représentant l'Androgyne lien,
Combien et toi, mon mignon, et combien
Tes flancs jumeaux folâtrement j'honore !
Ni ce beau chef, ni ces yeux, ni ce front,
Ni ce doux ris ; ni cette main qui fond
Mon coeur en source, et de pleurs me fait riche,
Ne me sauraient de leur beau contenter,
Sans espérer quelquefois de tâter
Ton paradis, où mon plaisir se niche.
1552
Autres amoureux du nombril
Ce poeme fait
partie du Premier Livre des Amours
de 1552 jusqu'en 1578, lorsqu'il sera sagement range dans les Amours
diverses, et il finira par disparaitre de l'edition de 1587. II subit
de meme de nombreuses corrections, surtout apres 1572.
in Amours diverses - Oeuvres complètes de Ronsard
( par Jean Ceard, Daniel Menager et Michel Simonin - Gallimard 1993 Tome I )