POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Pierre De Ronsard - Sonnet
ccueil
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Il me déplait beaucoup qu'une nouvelle mêche
Offusque le Flambeau du naturel Amour ;
Je m'attriste d'ouïr ce qu'on dit de la Cour ;
Mon visage, d'ennui, se jaunit et dessèche.


Le Roi (1) , comme l'on dit, accole, baise, et lèche,
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
Eux, pour avoir argent, lui prêtent, tour à tour,
Leurs fessiers rebondis, et endurent la brêche.


Ces Culs devenus Cons engouffrent plus de biens
Que le Gouffre de Scylle haï des Anciens,
Et aurait mieux valu, pour le bien de la France,
 

Qu'Henri second du nom, à qui je fus donné,
Bien qu'il déplaise aux Dieux, eut les Culs bouquinés (2),
Que de faire un Neron (3) de sa noble Semence.



1578



(1) Henri III
(2) préférait baiser comme un lapin
(3) que de sodomiser un homme [ si l'histoire n'en fait pas forcément état, Néron est souvent présenté comme homosexuel dans la littérature érotique... ]



in Oeuvres complètes, T. II, p.1247 (non imprimé du vivant de Ronsard)




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