Tout
en poursuivant des études de droit à Poitiers,
René Arnoul cultive en secret la poésie. C'est
à cette période qu'il rédige
L'enfance de René Arnoul, publié en 1587. Ce receuil contient ses
Amours, sonnets où il chanta son amour pour une certaine "belle et jeune Catherine De La Place", puis des
Odes et des
Epigrammes imitées de L'
Anthologie Palatine.
Sa carrière d'avocat puis sa charge de conseiller du
frère de Louis XIII le détourne des lettres, il n'aura
donc produit qu'un recueil de jeunesse.
J'avais trois fois cinq ans et trois ans davantage
Quand j'écrivis ces vers témoins de mon ardeur,
Je chantais pour flatter mon ingrate douleur,
Et non pour espérer honneur de mon sevrage.
Comme je le sentais, je plaignais mon dommage
Véritable poète à mon propre malheur,
Mon penser incertain me servait de fureur,
Mon tourment de succès, mon espoir de courage.
Pour moi seul j'ai souffert, pour moi seul j'ai chanté ;
Ne pouvant pas beaucoup, beaucoup j'ai tenté,
Sans fard fut mon amour, sans fard furent mes plaintes.
La loi, non le plaisir, me rendit amoureux ;
C'est assez ! qu'on me laisse après tant de contraintes
Faire ce que je dois, dire ce que je peux.