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à la liste "20è siècle"
Ses
parents sont tous deux instituteurs dans les marais de Brière,
René Guy naît dans l'école. Il grandit dans des
ambiances de préaux d’écoles et de vie paysanne qui
seront plus tard une source majeure de son inspiration. En 1927, la
famille part pour la ville, d'abord à Saint-Nazaire puis
à Nantes, départ qu'il vit comme un
déchirement. Malgré tout, il va y trouver de nouveaux
centres d’intérêt et en particulier le
cinéma.
En mai 1932, la mort de sa mère le plonge dans une
mélancolie profonde, il trouve refuge dans la création
poétique. En 1936 il fait la connaissance d’un libraire
qui, de fil en aiguille, lui permet de rentrer en contact avec Pierre
Reverdy et Max Jacob. En 1937, il publie son premier recueil, Brancardiers de l'Aube (Ed. Les feuillets de l'Ilôt), d’autres suivent rapidement.
En 1940 son père meurt, René Guy Cadou est
mobilisé, mais rapidement hospitalisé, il est
démobilisé et va travailler comme instituteur
suppléant. Il participe à la revue Les Cahiers de Rochefort qui réunit un groupe de jeunes poètes, dont Marcel Béalu, en rupture avec le conformisme littéraire du régime de Vichy. Son recueil Vie rêvée
(1944) en porte les traces. Alors que la poésie de ses premiers
recueils est dominée par l’influence de Reverdy,
l’expérience de la guerre l’oriente vers une
expression beaucoup plus poignante et personnelle face à
l’horreur du nazisme, où il revendique la liberté, l’amour et la fraternité des hommes. Le recueil Pleine Poitrine (1946) marque cette rupture, suivi de Le Diable et son train (1949).
Après guerre, il épouse Hélène
Laurent, elle-même poète, qu'il a rencontrée en
1943 et qu’il célèbre dans Quatre poèmes d'amour à Hélène (Ed. Les Bibliophiles alésiens - 1948) et Hélène ou le règne végétal (Ed. P. Seghers - 1951). De 1949 à 1950, il fait des émissions radio sur différents auteurs qui lui étaient
chers : Max Jacob, Saint-Pol-Roux, Guillaume Apollinaire, Tristan
Corbière et Robert Desnos. Luttant contre la maladie, il passe ses soirées à écrire et c’est quelques jours après avoir achevé Les Biens de ce Monde
(1951) qu'il meurt, après avoir déclaré à
sa femme : "Le temps qui m'est donné, que l'amour le prolonge."
Il laisse une œuvre poétique de plus de trente recueils,
réunie aux éditions Seghers en 1976 sous le titre Poésie, la vie entière du nom d'un des poèmes du recueil Le Coeur définitif. Il a aussi écrit son autobiographie (portant sur les années 1920 à 1935) Mon enfance est à tout le monde, publié après sa mort (Ed. J. Munier, 1969). La Maison d'été, son unique roman, a quant à lui été publié pour la première fois en 1955.
Sa poésie a une rythmique et une musique des mots qui, comme celle d'Aragon,
a poussé de nombreux auteurs-compositeurs-interprètes
à écrire de la musique sur ses vers, l’un des plus
connus étant Gilles Servat.
La nuit les bras sont gris
On se laisse prendre
Une main passe de haut en bas
Et c'est le corps qui s'en va
Dans les draps neufs de l'amour
La boucle couvre le visage
Le front n'est plus qu'une petite tache
Belle comme le jour
Te voilà nue
Ce n'est pas une raison pour trembler
Tout le ciel pour te parer.
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