The night of loveless nights
(1928 - Extrait)
"Tu cherchais sur la plage au pied des rochers droits
La crique où vont s'échouer les étoiles marines.
C'était le soir, des feux à travers le ciel froid
Naviguaient et, rêvant au milieu des salines,
Tu voyais circuler des frégates sans nom.
Dans l'éclaboussement des chutes impossibles.
Où sont ces soirs ? O flots rechargez vos canons
Car le ciel en rumeur est encombré de cibles.
Quel destin t'enchaîna pour servir les
sévères,
Celles dont les cheveux charment les colibris,
Celles dont les seins durs sont un fatal abri
Et celles dont la nuque est un nid de mystère,
Celles rencontrées nues dans les nuits de
naufrage,
Celles des incendies et celles des déserts,
Celles qui sont flétries par l'amour avant l'âge,
Celles qui pour mentir gardent les yeux sincères,
Celles au coeur profond, celles aux belles jambes,
Celles dont le sourire est subtil et méchant,
Celles dont la tendresse est un diamant qui flambe,
Et celles dont les reins balancent en marchand,
Celles dont la culotte étroite étreint les
cuisses,
Celles qui sous la jupe ont un pantalon blanc
Laissant voir un peu de chair libre par artifice
Entre la jarretière et le flot des volants.
Celles que tu suivis dans l'espoir ou le doute,
Celles que tu suivis ne se retouraient pas
Et les bouquets fanés qu'elles jetaient en route
T'entraînèrent longtemps au hasard de leurs pas."