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à la liste "20è siècle"
Roland
Giguère est un québécois amoureux du livre. Il a
étudié la typographie, la gravure et la lithographie
(à Montréal et Paris), et fonde en 1949 les
Éditions Erta où il poursuit un travail de
poète-éditeur à l’avant-garde de son
époque. Il sera maquettiste et professeur en arts graphiques,
publiera plusieurs recueils de poèmes et produira de nombreux
dessins, gravures, peintures et estampes. Il écrivait
spontanément et retouchait peu, comme dans son œuvre
picturale. Cette duplicité créatrice, l’image et le mot, en font un poète du paysage intérieur.
En 1965, une rétrospective de ses poèmes, L'Âge de la parole, puis la Main au feu en
1973, marquent une étape majeure dans la poésie
québécoise, cristallisant l'effervescence qui anime la
société d'alors. Son œuvre est couronnée de
nombreux prix. En 1974, il fonde la revue Possibles,
exploration de l'imaginaire et du réel, proche du
surréalisme français dont il était familier (il
fréquentera Breton dans les année 50-60).
La poésie Roland Giguère est une voix libératrice
qui bouscule les préjugés, l’ignorance et qui sait
tirer la conscience de sa torpeur à travers une écriture
simple, musicale et jaillissante. Le poète oppose à notre
monde infernal la vision d’un monde à reconstruire qui
accèdera à la libération par l’entremise de
l’amour et de la femme. Sa poésie est
empreinte de cette profondeur aux élans universels et est
riche en même temps de clins d'œil et de séductions.
Il était marié à Marthe
Gonneville, qui écrivait aussi un peu mais qui fut surtout pour
lui une muse à la fois tendre et énergique.
Après tout
Voici que nous nous retrouvons enfin
au coeur de ces orages aveugles
dans cette nuit de couteaux sans cible
nous tremblons ensemble
le temps traverse le brasier et noircit
à l'aube nous fouillerons la cendre
pour célébrer la dernière étincelle
nous jaillirons ensemble.
in La main au feu
(1973 - Réédité chez Typo en 2005)
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